Le Mouvement pour une ville Zéro déchet souhaite que d’autres méthodes que la biométhanisation soient étudiées.

La biométhanisation n’est pas l’unique option

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Pas de BAPE pour l’usine de biométhanisation de Québec» de Patricia Cloutier paru le 17 avril.

Le Mouvement pour une ville Zéro-Déchet (MVZD) est un groupe de citoyens résidents de Québec qui s’intéressent au dossier de la gestion des matières résiduelles. En cette semaine où les jeunes, partout sur la planète, rappellent aux dirigeants politiques qu’il y a urgence climatique d’agir pour assurer notre survie, nous voulons les accompagner et partager avec eux l’effort afin d’y parvenir.

Nous croyons, comme nos élus et les fonctionnaires dédiés à ce dossier, qu’il faut éviter d’incinérer ou d’enfouir les matières organiques (MO). Ces ressources de grande valeur doivent être protégées et revenir dans le circuit du cycle de la vie. Cependant, nous questionnons le choix de la ville de traiter les boues municipales et les résidus alimentaires par la même méthode, soit la biométhanisation. Nous croyons que nos propositions et analyses de solutions par la technologie du compostage pour les résidus alimentaires (RA) sont beaucoup plus respectueuses de la gestion des ressources tant sur le plan économique, écologique, de la santé publique, ainsi que plus équitable et sécuritaire pour la communauté de Limoilou.

D’ailleurs, plusieurs grandes villes dans le monde, notamment San Francisco avec 837 000 habitants, Vienne avec 1,2 million d’habitants, Barcelone et ses 1,6 million d’habitants, la commune de Gironde en France qui compte 1,6 million d’habitants, Portland Oregon et ses 647 000 habitants, ont fait le choix d’utiliser la méthode du compostage. Ceci devrait donc rassurer la ville de Québec quant à sa capacité de traiter par compostage des quantités importantes de matières organiques (MO) de son territoire. 

Depuis 2011, notre voisine immédiate, Lévis, traite également avec succès ses RA et autres MO selon la méthode du compostage, et ce, à un coût environ trois fois moins élevé que la biométhanisation. Un exemple dont on devrait s’inspirer.

Parmi les documents rendus disponibles par la Ville de Québec pour justifier le choix de la biométhanisation, nous n’avons trouvé jusqu’à maintenant aucun document où l’option du compostage a été l’objet d’une analyse sérieuse. Voilà pourquoi, dans une lettre (voir sur le site du MVZD) adressée récemment au ministre de l’Environnement, nous avons demandé à celui-ci d’exiger que la Ville produise une étude d’impact environnemental complète qui, selon les règles de bonnes pratiques mises de l’avant par le ministère de l’Environnement, porte sur l’identification claire du besoin, les options alternatives et les impacts de chacune. Dans le cas présent, une telle étude doit minimalement porter sur une solution de traitement distincte pour les boues et les autres matières putrescibles solides d’origine résidentielle (ce qui dépasse les résidus alimentaires) et dont l’hétérogénéité pose des problèmes techniques, environnementaux, économiques et sociaux qui n’ont jamais été portés à la connaissance des citoyens, des experts et, possiblement, des élus de la Ville de Québec.

Comme ce projet, l’un des plus importants en Amérique du Nord, engage le futur des jeunes citoyen.ne.s de notre Ville, nous réitérons notre demande voulant que celui-ci soit débattu publiquement, et ce, dans le cadre d’un processus d’enquête sous l’égide du BAPE, car nous croyons sincèrement que de consulter la population et des experts indépendants permettra de contribuer à bonifier la solution mise de l’avant par la ville et à réaliser un projet permettant à la fois de réduire à moindre coût nos émissions de GES tout en améliorant la santé de la population du quartier Limoilou et la qualité de vie des citoyen.ne.s de la Ville de Québec.