«Tout le monde sait cependant, même si la province est un chef de file du renouveau énergétique et économiquement grassouillette à cause de ses privilèges hydrauliques et minéraux, que cela demeurera insuffisant à l’échelle mondiale», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

«La batterie verte du nord-est de l’Amérique»

POINT DE VUE / Je crois que notre premier ministre a une vision quelque peu jovialiste du devenir de l’humanité. Je dirais même que sa perception de l’urgence climatique est opportuniste et centrée avant tout sur les intérêts économiques et, dans les circonstances actuelles, égocentristes du Québec.

Tout le monde sait cependant, même si la province est un chef de file du renouveau énergétique et économiquement grassouillette à cause de ses privilèges hydrauliques et minéraux, que cela demeurera insuffisant à l’échelle mondiale. Oui pour «la batterie verte du nord-est de l’Amérique», mais ça s’arrête là. Bien sûr, si l’on ne considère que les billes que l’on en tirera, cela paraît amplement suffisant. Pourtant, ce chef de file n’en sera un qu’économiquement et non environnementalement.

Je crois que si la science ne prend pas la relève par la mise en place de nouvelles sources d’énergie propre ou ne réussit pas à nettoyer l’atmosphère, via des plans gigantesques de technologie idoine, tel celui sur lequel travaille actuellement Carbon Engineering, un rejeton de Bill Gates, on ne pourra que régresser en tant que civilisations, si elles demeurent régies par l’ordre économique actuel et traditionnel. L’exploitation des richesses planétaires s’estompant, leur partage devra se faire selon une autre méthode moins individualiste et plus généreuse, sans quoi ce sera le total inconfort pour tous qui règnera.

Laquelle, dans ce cas de figure, parmi les nations privilégiées de ce monde parviendra la première à se gagner l’appui de sa population afin d’opter pour cette nouvelle voie à connotation socio-environnementale plutôt que purement économique et ainsi d’avoir un effet d’entrainement sur la métamorphose de la mentalité internationale? Qui est le plus réticent à ce changement, l’homme de la rue, modeste et serviable, ou le possédant insatiable rêvant de château en Espagne?