Justice et équité pour toutes

POINT DE VUE / La catégorie d’emploi de diététiste-nutritionniste, celle qui a la plus forte prédominance féminine de la santé et des services sociaux avec 98,7 %, n’a jamais été reconnue discriminée. En 2006, toutes les catégories d’emploi de professionnelles à prédominance féminine des réseaux de la santé et de l’éducation ont été reconnues discriminées par le comité d’équité salariale constitué à la fin de mai 2006. Elles ont toutes eu droit à des rétroactivités salariales, à partir de 2001, à l’exception d’une seule catégorie, les diététistes-nutritionnistes travaillant en nutrition clinique. On parle ici chez les professionnelles des catégories d’emploi reconnues discriminées : les physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes et audiologistes, travailleurs sociaux et de nombreuses autres.

En somme, les conclusions de ce programme d’équité salariale sont à l’effet que seules les diététistes-nutritionnistes de la santé et des services sociaux ne seraient pas discriminées par leur employeur, le Conseil du trésor. Conclusions fort étonnantes en équité salariale puisque, de toute évidence, les diététistes-nutritionnistes ont été les professionnelles les plus discriminées depuis le début des années 1970 avec preuves à l’appui.

À l’affichage de l’évaluation du maintien 2010 et du maintien 2015, même scénario, maintien du rangement inférieur pour les diététistes-nutritionnistes du réseau de la santé et des services sociaux comme si aucun changement n’était survenu dans les fonctions de l’emploi. Bien que les modifications au Code des professions entrées en vigueur en 2003 aient été spécifiées par l’employeur comme événements dans l’affichage de 2010, celui-ci a délibérément choisi de ne pas en tenir compte pour les diététistes-nutritionnistes. Par l’octroi dans la Loi d’activités médicales aux diététistes-nutritionnistes, elles ont obtenu le droit de prendre les décisions pour le traitement nutritionnel des patients, incluant la détermination de la voie d’alimentation appropriée, qu’elle soit orale, entérale ou parentérale. Il ne fait aucun doute que des changements majeurs sont survenus pour les fonctions de l’emploi et que ces changements auraient dû être pris en compte et modifier considérablement la valeur de l’emploi par l’augmentation de très nombreux sous-facteurs sous-évalués.

Il faut le dire : les diététistes et nutritionnistes n’ont jamais touché un dollar des sommes versées à toutes les salariées reconnues discriminées. Ces professionnelles et autres salariées du réseau de la santé ont crié victoire avec leurs organisations syndicales en 2006 et à nouveau en 2016 pour célébrer les 20 ans de la Loi sur l’équité salariale. 

La discrimination salariale à l’encontre des diététistes et nutritionnistes du réseau de la santé est systémique avec une longue histoire d’injustices flagrantes dont nous avons les preuves. Elle est toujours maintenue en raison des préjugés et de la banalisation perpétuelle des fonctions de l’emploi sans égard à l’évolution des fonctions et aux changements qui surviennent depuis plusieurs années.

De plus, l’annonce du projet de loi 10 ayant créé un petit espoir. Or, sa lecture est plutôt une grande déception puisque la loi ne permettrait pas aux personnes discriminées de toucher, en toute équité, des rétroactivités salariales à partir de la date des événements qui ont suscité des changements majeurs à leur emploi à moins que le législateur voit clair dans ce stratagème et veuille véritablement rendre justice.