Joseph Rouleau: de Beethoven à Félix

Le grand chanteur lyrique Joseph Rouleau nous a quittés le 12 juillet à l’âge vénérable de 90 ans.

Cet artiste originaire de Matane a chanté sur les plus grandes scènes du monde, les plus beaux airs classiques des plus grands compositeurs. Je pense ici, entre autres, à Rossini, Beethoven et Gounod. Puis tel un grand bonheur inattendu, il a immortalisé sur disque en 1990, de sa riche voix de basse, des chansons de Félix Leclerc. Et accompagné de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, il a offert la même année un spectacle mémorable en chantant Félix, à l’amphithéâtre du Festival international de Lanaudière. Plus de 4000 spectateurs y assistèrent.

Entendre, entre autres, L’Hymne au printemps chanté par Joseph Rouleau, n’est-ce pas un des plus grands cadeaux qui nous fut donné et n’est-ce pas un des plus bels hommage rendu à un autre grand artiste du Québec, en la personne de Félix.

Et je me dis, après tout : «Félix Leclerc n’est-il pas justement le plus grand classique de la chanson québécoise»? Nul doute que le chanteur classique Joseph Rouleau le pensait lui aussi en décidant de nous offrir, par sa voix magnifique, les mots et la musique de Félix. Quand deux géants sont ainsi réunis, par un même souffle, n’est-ce pas le plus grand des P’tits bonheurs?

Je sais qu’une salle de spectacle porte le nom de Joseph Rouleau à Montréal. Mais tout comme Félix Leclerc, ce grand chanteur lyrique mérite lui aussi que des rues du Québec portent son nom. En commençant par Matane, sa ville natale.

Yvan Giguère, Saguenay