Des digues temporaires étaient installées autour de la rivière Lorette afin de contrôler les inondations autour de la rivière.

Je me joins aux «chialeux» de L’Ancienne-Lorette

Sans vouloir vous offenser et avec tout le respect que je vous dois, je pense, membres du Conseil municipal, que vous êtes maintenant représentants du maire de la Ville de Québec et que vous ne représentez plus les citoyens des arrondissements, et je vous explique le cheminement de ma pensée.

On vous a élus, sachant que vous connaissiez bien les dossiers des arrondissements, tout en sachant que vous sauriez porter nos dossiers au Conseil municipal. Malheureusement, les décisions subséquentes de monsieur le maire dans les dossiers de la rivière Lorette, ajoutées à ses commentaires désobligeants envers les sinistrés, ont eu pour effet de faire dévier mon opinion sur votre représentation.

Vous ne semblez pas avoir contesté la décision du Comité exécutif de la Ville de revenir sur son engagement de construire un mur de retenu des crues des eaux, et vous avez appuyé le commentaire de monsieur le maire à l’effet qu’il n’y avait «que les gens de L’Ancienne-Lorette qui chialent!» À votre défense, je vous accorde que les apparences peuvent être trompeuses.

En effet, quatre administrateurs sur les cinq qui siègent au Conseil d’administration du Regroupement – Sinistrés – Entraide proviennent de L’Ancienne-Lorette. Cependant, quand le porte-parole du Regroupement intervient publiquement, il le fait aussi au nom des quelque 263 sinistrés résidant dans la ville de Québec. Eux aussi sont inquiets de l’avenir réservé à leur propriété par les décisions de l’administration de la Ville de Québec. Ce sont aussi leurs taxes qu’ils investissent dans l’aménagement des rives de la rivière Lorette en vue de les protéger, dans le futur, des crues de ladite rivière.

Les sinistrés de Québec ont cru en la direction générale de la ville de Québec elle-même, quand elle a répondu, en février 2014, à la suite du jugement de la Cour Suprême du Canada, que: «les travaux de remodelage des rives permettront de contenir une pluie 100 ans climat futur, donc de 85 mètres cubes par sec. [...] L’excédent, pour se rendre à 95 mètres cubes par seconde, sera compensé par une revanche de 30 cm supplémentaire, donc sera OK pour contenir une crue comme celle de septembre 2005.»

Personnellement, et comme administrateur représentant les sinistrés de la Ville de Québec, je me joins aux «chialeux» de la ville de L’Ancienne-Lorette pour dénoncer vivement la décision des «vire-capot» qui administrent la Ville de Québec, dans le dossier du remodelage des rives de la rivière Lorette.

Dernièrement, on apprenait que les résidents des environs de la rivière Saint-Charles seraient choyés au cours des prochaines années, surtout les cyclistes et les randonneurs. En effet, dans son communiqué «Québec, le 25 juillet 2018 - La Ville de Québec invite les citoyens à découvrir une nouvelle place éphémère sur le pont reliant les quartiers Limoilou et Saint-Roch …», la Ville de Québec termine en affirmant: «Rêvons nos rivières».

En 2017, la Ville de Québec faisait appel à des firmes locales et internationales en lançant le concours «Rêvons nos rivières». Les candidats devaient soumettre des idées originales et innovantes pour l’aménagement des rivières de Québec. Ces idées servent d’amorce à une vaste réflexion qui mènera, à terme, à un plan de mise en valeur des rivières Montmorency, Beauport, Saint-Charles et du Cap Rouge, afin de les intégrer comme éléments structurants du développement de la ville.» 

La rivière Lorette ne ferait donc pas partie des rivières de Québec selon ce communiqué. Quel outrage, quel affront envers les citoyens du quartier Les-Saules, dans l’arrondissement Les Rivières. Une autre gifle à ces citoyens sinistrés qui se font mépriser par les représentants de cette Ville, laquelle n’a pas nié sa responsabilité pour les malheurs dont ont été victimes lesdits citoyens le 26 septembre 2005 et le 1er juin 2013. Victimes de cette rivière Lorette inconnue ou méconnue de cette Ville de Québec.

On a peut-être mal interprété les paroles de notre conseiller municipal de l’époque, monsieur Gérald Poirier, alors qu’il était en visite dans notre sous-sol pour constater les dégâts: «Ne soyez pas inquiets, on va s’occuper de vous!» Nous lui avons fait confiance. Malheureusement pour nous, la maladie l’a écarté de la politique municipale. La situation serait-elle différente s’il était encore en poste? Pas sûr!

L’arrogance et le mépris démontrés jusqu’à maintenant, par le gouvernement municipal et ses représentants, ne font qu’aggraver l’état précaire dans lequel nous vivons depuis ces événements de 2005 et 2013. On a l’impression de s’être fait endormir, floués, pendant que nous collaborions, via le Regroupement Sinistrés-Entraide, à trouver des solutions pour redresser la situation aux dossiers rivière Lorette et les zones inondables.

Nous croyons que la tragédie a assez duré. Allons-nous mourir avant que ne soit réglé ce dossier, ou plutôt CES dossiers! Nous sommes à bout de ressources, tant pour la rivière que pour notre survie. Nos forces, tant physiques, psychologiques que financières, sont durement hypothéquées et s’amenuisent.

Il est plus que temps que cessent ces «chicanes de clôtures» si l’on veut mettre en place un projet vraiment structurant. Rappelons-nous le dicton populaire, aujourd’hui oublié, et je ne sais pas pourquoi: «On a plus souvent besoin d’un voisin que d’un cousin». Agissez!

Rodrigue Leclerc, sinistré de la Rivière-Lorette