J’ai les boules…

L’église de L’Ancienne-Lorette trône dans le décor de l’ouest de la Capitale-Nationale depuis plus d’un siècle. C’est un phare que je connais depuis ma toute petite enfance.

En soirée et la nuit on pouvait admirer ses deux grandes croix illuminées en rouge pour guider les avions. Mais voilà, cet hiver, une des deux croix s’est éteinte. Ces deux croix illuminées avaient été installées au sommet des clochers par l’aéroport de L’Ancienne-Lorette dans le temps par sécurité pour les avions et étaient depuis entretenues par celle-ci. Mais pour quelques 7000 ou 8000 dollars, la nouvelle administration de l’Aéroport ne se sent plus l’obligation légale de continuer à le faire. C’est donc la fabrique de L’Ancienne-Lorette avec un budget beaucoup, beaucoup plus petit qui doit illuminer la pointe des clochers pour les avions. C’est pour cela qu’elle a fait installer le 22 juin une boule lumineuse rouge pour remplacer la croix éteinte depuis cet hiver et apparier l’autre clocher d’une boule lumineuse rouge semblable. Depuis lorsque je regarde le soir les deux clochers au lieu d’élever ma pensée, j’ai les boules.

Jean-Louis Brown
L’Ancienne-Lorette

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PAB ou aide-soignant?

Le premier ministre du Québec a annoncé que le salaire annuel des préposés aux bénéficiaires serait dorénavant de 49 000 $. Pour bien marquer la volonté du gouvernement de hausser le statut des préposés aux bénéficiaires, la valorisation salariale pourrait s’accompagner d’un changement de dénomination : on devrait les appeler des aides-soignant(e)s, ce qui correspond davantage à leur travail et à l’importance qu’on veut leur donner.

L’appellation «préposé aux bénéficiaires» présente deux défauts. D’abord, le mot préposé fait trop référence au caractère subalterne du poste que l’on tente de valoriser. Ensuite, le mot bénéficiaire est on ne peut plus mal choisi. De quoi bénéficie-ton quand on paye 3000 $ et plus par mois et qu’on est laissé dans ses excréments, qu’on est mal nourri, mal hydraté, comme on en a eu des exemples dans certains de nos CHSLD depuis le début de la pandémie?

Jusqu’à il y a un mois, le Grand Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française proposait l’appellation aide-soignant et déconseillait celle de préposé aux bénéficiaires. L’Office a fait volte-face et accepte le terme qu’il avait jusqu’à là déconseillé. Cette décision, qui maintient le statu quo, est malavisée et ne contribue pas à la volonté du gouvernement de valoriser une fonction essentielle.

Jacques Maurais
Québec