Donald Trump

Iran: Donald Trump suscite l’incompréhension

En réaction à l’article «Trump a pris les risques que ses prédécesseurs avaient évités» du journaliste Paul Handley paru le 4 janvier

Du fait du retrait des États-Unis de l’Accord international de 2015 sur le nucléaire suivi de fortes sanctions imposées à l’Iran, à l’évidence, le président américain Donald Trump n’a-t-il pas démontré une fois de plus qu’il n’a fréquenté aucune école de diplomatie? 

Car il s’agit quand même d’un plan d’action conjoint par lequel huit pays ont convenu de faire en sorte que le programme nucléaire de l’Iran soit destiné à produire uniquement de l’électricité, assorti d’un engagement pacifique de ne pas fabriquer de bombe atomique, et ce, sous la haute surveillance d’inspecteurs internationaux qualifiés, et qui plus est, d’experts de la Défense américaine. 

Néanmoins, prétextant que cet Accord puisse déclencher un «holocauste nucléaire», le président Trump a annoncé en mai 2018 que les États-Unis s’en dissociaient, faisant vraisemblablement un pied de nez à son prédécesseur Barack Obama, alors lui-même cosignataire de l’Accord, et qui par ailleurs avait déjà déclaré : «Je ne suis pas contre toutes les guerres; je suis contre les guerres idiotes». Depuis, une escalade de tensions et de représailles bat son plein... jusqu’à la récente frappe américaine ayant coûté la vie de Soleimani, architecte de la puissance militaire iranienne. Dès lors, la réplique de l’Iran s’inscrit à la Une de tous les médias : «C’est le début d’une guerre», «Comment l’Iran vengera-t-il la mort du général Soleimani?», «C’est un geste irresponsable de Donald Trump», «En Irak, la foule crie "Mort à l’Amérique"», etc.

Du coup, dans un pareil contexte de turbulences, nous sommes nombreux à entamer la décennie 2020 en essayant de comprendre les agissements du président Trump : esprit de sagacité? Soif de pouvoir et de suprématie politique et économique? Instinct de vengeance? Incapacité à faire face à des situations extrêmes?

Puis je me suis rappelée le livre du DPierre Rentchnick, Ces malades qui nous gouvernent. Un ouvrage inspiré par des événements réels produits dans le monde, sous le règne de chefs d’État alors victimes de maladies graves, secrètement dissimulées par leurs médecins traitants : «Certains, pour atteindre leurs buts, ont utilisé des arguments effrayants, tel le terrorisme, et d’autres, possédant l’arsenal nécessaire, n’ont pas hésité à déclencher leur tir au détriment d’innocentes victimes...»

Or, devant l’ampleur, l’intensité et les répercussions de ces bombes à retardement, la protection de l’humanité n’est-elle pas devenue une priorité gouvernementale, voire collective? Sans doute, si l’on en juge par la célèbre citation d’Albert Einstein, selon qui «le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire».