L'auteur de cette lettre d'opinion interpelle le ministre des Transports et se questionne au sujet des impacts du projet de loi 17 sur la qualité du service à la clientèle pour les personnes handicapées.

Industrie du taxi et personnes handicapées

POINT DE VUE / À l’occasion des consultations particulières et des auditions publiques qui ont commencé cette semaine à l’Assemblée nationale, le Comité d’action des personnes vivant des situations de handicap (CAPVISH) interpelle le ministre des Transports et se questionne au sujet des impacts du projet de loi 17 sur la qualité du service à la clientèle.

Bien qu’il existe les craintes légitimes des chauffeurs de taxi que nous respectons ardemment face à la déréglementation, le CAPVISH déplore le fait que le projet de loi soit complètement muet sur le transport adapté. Ce qui nous inquiète le plus, monsieur le ministre, ce sont les incidences à court et moyen terme qui suivront cette guerre de tranchées entre vous et l’industrie du taxi. La nouvelle loi réservera-t-elle un service équivalent aux personnes handicapées? Et le nouveau système de gestion de l’offre s’inspirera de quoi exactement et reposera sur le dos de qui? Déjà, lors des journées de grève, ce sont les personnes à mobilité réduite qui écopent malheureusement d’un service perturbé et déficient puisqu’elles dépendent presque uniquement du service de taxi adapté.

Service essentiel

Il faut savoir qu’à Québec, plus de 9870 personnes sont admises au service de transport adapté en raison d’un handicap quelconque. Ce sont plus de 120 000 personnes qui en dépendent en province, mais dans 70 % des cas, ce transport est assuré par des chauffeurs de taxi. Ce transport adapté qui est un service essentiel est assuré par des chauffeurs de taxi ayant obtenu une formation pour un transport spécialisé. Le déplacement de ces personnes en transport adapté dépend donc directement de l’industrie du taxi à la hauteur de 85 % en milieu urbain.

Avec l’adoption de ce projet de loi, si jamais l’industrie du taxi en ressort encore plus affaiblie, qu’adviendra-t-il du déplacement des personnes nécessitant le transport par véhicule restreint? M. le ministre, dans un phénomène de vieillissement de population, vous devrez aussi répondre à cette question puisque les impacts potentiels de cette crise affecteront directement autant les personnes à mobilité réduite, et ce, qu’elles soient aînées, handicapées intellectuelles ou physiques. Donc, une réflexion profonde s’impose, non?