Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
«Qu’une telle résidence, en excellent état, œuvre de l’architecte Edward Black Staveley, soit démolie sans avis public et consultation de la population tient du scandale», écrivent les auteurs Jean-Louis Vallée et Clément Locat.
«Qu’une telle résidence, en excellent état, œuvre de l’architecte Edward Black Staveley, soit démolie sans avis public et consultation de la population tient du scandale», écrivent les auteurs Jean-Louis Vallée et Clément Locat.

Indignés par la démolition de la maison Vincent-E.-Lyon de Sillery

Jean-Louis Vallée
Jean-Louis Vallée
Président, Société d’histoire de Sillery, Fédération Histoire Québec
Clément Locat
Clément Locat
Président, Comité du patrimoine, Fédération Histoire Québec
Article réservé aux abonnés
POINT DE VUE / Lettre aux membres du Conseil municipal de Québec. La Fédération Histoire Québec (FHQ) se fait le porte-parole de nombre de citoyens et d’intervenants en patrimoine indignés par la démolition de la maison Vincent-E.-Lyon. La vue du terrain déblayé et des arbres matures abattus est une scène trop fréquente qu’on ne doit pas banaliser.

La disparition de cette résidence remarquable s’ajoute à une série de démolitions qui n’honore pas la Ville de Québec, qui recèle en ses murs quatre sites patrimoniaux, dont un site du patrimoine mondial de l’UNESCO, comportant un patrimoine bâti unique en Amérique, la pierre d’assise d’une industrie touristique très florissante.

Après la démolition de bâtiments de grande valeur ces dernières années dans différents secteurs de la ville dont la maison Chalifour-Rainville en 2016, la maison Pasquier en 2018, l’église Saint-Cœur-de-Marie en 2019 et la perte de la maison Livernois en 2019, voilà qu’on s’attaque à une splendide maison du XXe siècle dans le secteur de Sillery.

La protection du patrimoine est un échec constant dans la ville de Québec dont on s’attendrait qu’au contraire, elle en prenne un soin jaloux. Qu’une telle résidence, en excellent état, œuvre de l’architecte Edward Black Staveley, soit démolie sans avis public et consultation de la population tient du scandale. C’est une perte pour le caractère et la beauté du lieu, l’harmonie du quartier, un magnifique témoin des pratiques architecturales inspirées de la côte est états-unienne qui disparaît.

Il est urgent qu’un message soit passé dans la population à l’effet que le patrimoine bâti n’est pas objet jetable et que l’argent n’achète pas tout. Les règles doivent être claires pour faire en sorte que cesse l’achat de maisons en excellent état qui finiront au dépotoir et qu’en conséquence, le principe du développement durable ne demeure une vue de l’esprit.

Le patrimoine architectural, devons-nous le répéter, est une richesse pour le milieu, un élément de la qualité de vie et un témoin de l’histoire du lieu qui profite à toute la société.

Il y a lieu d’interroger les processus en cours à l’égard du patrimoine à la Ville de Québec qui mènent à ces pertes répétées de bâtiments souvent exceptionnels. Une ville qui a le privilège de posséder une telle richesse architecturale a le devoir de protéger cet héritage au profit de toute sa population et au bénéfice des générations futures.