Michael Sabia, pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Incohérence dans les placements de la Caisse de dépôt

La Caisse de dépôt et placement du Québec ferait-elle outrage aux conventions internationales que le Canada signe? La question se pose au vu de certains de ses placements.

En effet, Gérald Filion de Radio-Canada révélait récemment que parmi les placements que la Norvège ne fait pas pour une question d’éthique, se trouvait l’entreprise américaine General Dynamics qui fabrique des bombes à sous-munitions. Or, la Caisse possède de tels placements. Un message auprès de la Caisse visant à confirmer cette information n’a reçu aucune réponse.

Les mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions sont des armes inhumaines. En effet, ces armes sont reconnues pour avoir des effets davantage sur les populations civiles, dont des enfants (15 % et plus dans le cas des bombes à sous-munition), qu’envers des militaires. Voilà pourquoi plusieurs pays ont choisi de s’engager à interdire leur production et leur usage. La première convention, adoptée à Oslo en 1997, fut d’ailleurs signée à Ottawa sous l’instigation du ministre Axworthy. La seconde fut signée à Oslo en 2008. Le Canada est signataire des deux conventions. Par contre, les États-Unis, l’Inde, la Chine et la Russie entre autres ne sont pas signataires de ces deux conventions.

Les conventions sont claires dans leurs objectifs. Celle portant sur les mines antipersonnel interdit entre autres à chaque pays signataire «l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel». Celle portant sur les bombes à sous-munitions interdit entre autres à chaque pays signataire de «mettre au point, produire, acquérir, stocker, conserver ou transférer des armes à sous-munitions.»

Comment dès lors la Caisse de dépôt et de placements du Québec peut-elle financer par la porte d’en arrière la production de ces armes inhumaines alors que le Canada et ses entités, dont le Québec, souscrivent à leur interdiction?

On apprend que la Caisse souhaiterait vendre ses actions dans une entreprise qui fabrique des armes. Il serait heureux qu’elle fasse immédiatement de même pour ses placements dans General Dynamics. Il serait aussi heureux que la Caisse se donne rapidement un code d’éthique en matière de placement ou, si elle en a un, qu’elle le mette en application.

Michel R. Leclerc
Québec