Il y a aussi des relieurs d’art à Québec!

POINT DE VUE / Je suis une relieure d’art anciennement de la belle ville de Québec, maintenant établie au Bas-St-Laurent. J’ai eu une réaction épidermique bien avant de lire les articles à propos des gestes reprochés à Philippe Sauvageau, PDG du Salon international du livre de Québec.

Bien avant? Oui, au moment où j’ai reçu les cartons m’invitant à assister à certains événements du SILQ, dont l’inauguration de l’exposition de reliures d’art sur les Prix de création littéraire de la ville de Québec-SILQ, reliures d’art toutes exécutées par Odette Drapeau. Je ne remets pas en question la qualité du travail de madame Drapeau, mais… comment se fait-il que ni le Conseil d’administration du SILQ, ni la Ville de Québec, ni la Maison de la littérature n’aient offert dès le début aux relieurs d’art de la ville de Québec la possibilité de relier les œuvres primées? Plusieurs relieurs d’art habitent et œuvrent à Québec, leurs reliures d’art font partie de la collection patrimoniale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Ce ne sont pas des inconnus!

Ils participent régulièrement à des expositions d’envergure provinciale, nationale, internationale. Plusieurs s’investissent bénévolement au sein de l’ARA Canada, l’Association des amis de la reliure d’art du Canada, qui a tenu d’importantes expositions de reliures d’art à Québec, entre autres lors du 400e, et l’automne dernier à la très belle bibliothèque Monique-Corriveau.

Tous les relieurs d’art de la province, par l’entremise de l’Association provinciale des relieurs et artisans du livre, auraient pu aussi être sollicités, ne serait-ce que pour la transparence dans l’utilisation des fonds publics. Ne serait-ce que pour offrir une vitrine à plus d’un relieur d’art dans le cadre d’un événement récurrent.