«Ainsi, il faut répéter. Continuer à dénoncer. Pour éviter un crime issu de la haine. Celle des matamores d’école, d’un pouvoir aveuglément arbitraire», affirme Luc J. Vigneault.

Il ne faut jamais cesser de dénoncer l’intimidation

En réaction à la chronique «L’intimidation est une pieuvre» de la journaliste Mylène Moisan parue le 8 mai

POINT DE VUE / Je connais Mylène depuis novembre 2012. Je lui ai alors accordé une entrevue sur l’intimidation, un an après le décès de Marjorie Raymond. Presque huit ans et demi plus tard, elle remet ça avec un autre cas dans les mêmes eaux. Toujours poignant. Même avec le temps, je ne m’y fais pas.

Je lui ai dit à l’époque que j’ai voulu oublier en pardonnant. Or, il faut comprendre pour pardonner, dixit son ex-collègue Pierre Asselin. Un sentiment réciproque envers une société qui n’apprend pas, faute de comprendre. Donc qui récidive!

Ainsi, il faut répéter. Continuer à dénoncer. Pour éviter un crime issu de la haine. Celle des matamores d’école, d’un pouvoir aveuglément arbitraire. Politique, administratif ou juridique. D’un pouvoir malveillant, aussi. Médiatique, surtout! La mise en demeure d’Éric Duhaime contre Catherine Dorion l’a démontré, fin mars. J’y témoignerai, au besoin.

Lueurs d’espoir, toutefois. Rares, mais réelles. La mère de cet intimidé a recouru aux flics, face à l’incurie générale à combattre la «pieuvre». Cet omerta érigé en système. Encore cette société qui préfère la facilité aux problèmes. Elle rechigne à parader au tribunal. Le vrai, comme celui de la place publique. Ou des médias sociaux.

Cette Mère Courage, que Bertolt Brecht ne désavouerait pas, s’est bien entourée dans sa croisade. La police. Puis d’autres parents. Au bout d’un an, des conférences pour corriger le tir. Ce fut long. Ça s’est quasiment estompé, selon elle. Point positif : on en parle!

Est-ce assez? Non. A-t-on marre d’en entendre parler? Oui, hélas! J’écris sans arrêt là-dessus : pièces, romans, nouvelles, chansons, poèmes, essais, lettres d’opinion et demandes d’entrevues aux journaux, alouette! Éditeurs, producteurs de théâtre et de disques, journalistes, pas de retours d’appel! Même Guy A. me refuse l’accès à son plateau, malgré sept ans d’insistance!

Néanmoins, je persiste. Avec des baumes sur mes plaies. Comme cette maman, dont le fils vit toujours son calvaire. En silence. Ou presque. Elle aura au moins trouvé des oreilles. Pas une mince victoire. C’est la résilience contre la «pieuvre»!