La maison Rodolphe-Audette de Lévis

Il faut une politique de protection du patrimoine bâti

L’état de dégradation du moulin du Petit-Sault de L’Isle-Verte a généré une véritable sensibilisation face au sort que l’on réserve à notre patrimoine bâti.

En effet, la pelle mécanique a fait son œuvre samedi matin passé, ne laissant qu’une partie du moulin encore debout. Construit en 1823, il est le plus ancien moulin à farine qui subsiste dans le Bas-Saint-Laurent, et ce bâtiment était classé monument historique depuis 1962 par le gouvernement québécois. Le propriétaire actuel a acquis, il y a une dizaine d’années, le moulin en décrépitude depuis des décennies, manifestant le désir de restaurer ce qu’il en reste. On ne peut l’en blâmer, bien au contraire.

Plusieurs autres exemples illustrent le traitement que l’on réserve à nos origines : citons notamment comme références la démolition de la maison Rodolphe-Audette de Lévis ou encore l’avenir de l’église Saint-Cœur-de-Marie à Québec.

La reconnaissance de l’importance du patrimoine bâti grâce à l’attribution d’un statut de classement historique par l’État demeure une démarche indispensable, mais sans la réelle volonté de protection des propriétaires, le statut seul n’offre aucune garantie de pérennité.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, promet d’agir rapidement pour que des situations pareilles soient mieux encadrées afin de renforcer l’obligation d’entretien auprès des propriétaires récalcitrants. Il est temps d’avoir une véritable politique de protection de notre patrimoine bâti.

Mon arrière-grand-père David Déry, dernier d’une lignée de meuniers depuis la Nouvelle-France, a vu le jour dans le moulin du Petit-Sault de L’Isle-Verte. Espérons que les travaux de restauration prévus permettront de conserver ce qu’il en reste.

Gaston Déry, Québec