Il faut faire confiance aux intervenants scolaires pour prévenir les dépendances

POINT DE VUE / J’apprécie l’annonce du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, de l’investissement de 7,5 millions $ pour le déploiement d’interventions en milieu scolaire, mais je m’interroge sur l’approche adoptée pour ce dossier.

Je reconnais qu’il vaut mieux agir de façon préventive pour éviter que survienne un problème et qu’il faut confier un travail de prévention à des techniciennes et techniciens en travail social ou à des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée, selon les besoins des milieux et des ressources disponibles.

Par contre, je ne comprends pas pourquoi la coordination de ce projet a été confiée à une association, plutôt qu’à des gens du ministère. Je considère que c’est un peu particulier de faire appel à un organisme externe, plutôt que de faire confiance à des gens qui connaissent déjà le milieu.

De plus, je déplore que l’association mandatée souhaite rejoindre des organismes communautaires, alors que l’on peut déjà compter sur des ressources précieuses sur le terrain qui sont en mesure de répondre aux besoins. Il y a certes une pénurie de personnel dans certains secteurs, mais en offrant de meilleures opportunités, il serait certainement possible d’attirer du personnel en offrant des postes plus attrayants.

Je reconnais toutefois qu’il faut agir rapidement pour s’assurer que les jeunes ne se retrouvent pas en situation de dépendance, car cela nuit considérablement à leur développement.

Ratio de 1 pour 1000

D’autre part, je suis d’avis que le ratio d’une intervenante ou d’un intervenant en dépendance pour 1000 élèves est un bon début. Cependant, je souhaite qu’on améliore ces ratios pour répondre plus adéquatement à la demande, car il y a d’autres problèmes qui surviennent souvent lors de ces interventions.

Il ne faudrait pas que pour des raisons de restrictions budgétaires, on limite les interventions auprès des jeunes ayant des besoins. De plus, il faudra faire preuve de souplesse envers les établissements comptant moins de 1000 élèves et qui se retrouveront avec des personnes ressources disposant de moins d’heures d’intervention. Il ne faudrait pas imposer plus d’insécurité à des gens qui occupent déjà un emploi précaire.

Finalement, je considère qu’il y a encore trop d’inconnu et d’improvisation autour de l’annonce qui vient d’être faite. Une fois encore, le personnel de soutien scolaire n’a pas été consulté. C’est regrettable. Le ministre de l’Éducation devrait comprendre qu’il aurait intérêt à faire confiance au personnel de soutien scolaire travaillant dans les commissions scolaires pour l’aider à répondre aux besoins du milieu scolaire.