Les Américains ont mis au ban Huawei.

Huawei, 5G et espionnage: où est le lien?

POINT DE VUE / Beaucoup de gens se demandent comment un équipementier comme Huawei pourrait utiliser sa technologie pour faire de l’espionnage industriel et quelle mouche a bien pu piquer les Américains pour mettre au ban cette entreprise. Le 5G est la réponse à cette question.

Traditionnellement, les équipements de télécommunications qui gèrent le trafic des quantités astronomiques de données sont dotés de «services internes d’étanchéité» qui permettent de s’assurer qu’aucune donnée informatique ne s’en échappe par des portes de sortie dérobées. Ces services sont rendus possibles par un savant mélange de technologies de fabricants différents qui se valident les uns les autres. Il est très difficile pour un appareil d’«écouter sur la ligne», sans laisser de traces et sans se faire «pincer».

Avec le 5G, un nouveau concept qui voit le jour jette par terre cette belle protection naturelle. Dans un réseau 5G, un simple appareil individuel ou privé comme un téléphone intelligent peut agir comme passerelle pour accélérer le transfert de données depuis d’autres appareils vers ou depuis des équipements de routage centraux. Dans un réseau 5G, votre cellulaire ou votre routeur 5G «écoute» pour ainsi dire sur la ligne et en relaie le contenu vers d’autres participants. Ce faisant, il est censé non seulement ne pas comprendre ces informations qui transitent par ses circuits, mais plus encore ne même pas essayer de le faire.

On doit donc avoir une certitude absolue que jamais aucun appareil 5G ne sera en mesure de décrypter le moindre bit du trafic de données qu’il relaie au suivant. En l’absence de cette certitude, les gouvernements resteront vigilants devant les fabricants de ces appareils et la formidable opportunité d’espionnage qu’ils vont représenter si jamais l’occasion s’avérait trop alléchante pour y résister.

Se doutant que bien des sociétés chinoises sont contrôlées en sous-main par le gouvernement chinois, on peut alors un peu mieux comprendre les réticences de bien des gouvernements à laisser ces méga-entreprises participer activement à la mise en place de tels réseaux. De là à les condamner et à emprisonner leurs dirigeants d’une manière préemptive, il y a cependant un pas important que nos voisins du sud ont déjà franchi allègrement.