Hôpitaux: donner de l’air... et de la climatisation

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Un four après l’accouchement» de Baptiste Ricard-Châtelain paru le 6 août.

Dans la chambre où vient de donner naissance Marie-Line Matte, en pleine nuit, à l’hôpital Saint-François d’Assise, il faisait autour de 30 degrés Celcius. Qui plus est : interdiction à cette maman de prendre une douche avant 7h, conformément à une directive interne visant à assurer le bien-être des personnes occupant les chambres avoisinantes. Que les nouveau-nés se le tiennent pour dit : à Saint-François d’Assise, défense de naître avant le lever du soleil. Pourquoi donc? Parce que le bâtiment est trop âgé. Et le climatiser nuirait à son intégrité.

Et dire que la sauvegarde du patrimoine religieux fait l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics! Depuis 1995, le ministère de la Culture et des Communications a versé 337 millions $ au Conseil du patrimoine culturel à caractère religieux.

Il faut bien «redonner vie» à nos églises, semble-t-il, d’où la récente promesse de notre gouvernement d’investir 20 millions $ annuellement pour financer le programme de mise en valeur du patrimoine culturel à caractère religieux. Mais il tarde au gouvernement de faire encore mieux, soit en utilisant cet argent pour appuyer des projets de transformation de bâtiments condamnés, au service à la communauté.

Car si les lieux de culte se vident graduellement au Québec, on ne peut pas en dire autant de nos hôpitaux. N’y a-t-il pas urgence d’agir pour l’avenir de ces derniers? Assurément. Leur donner de l’air... Il s’agit là de l’un des défis les plus criants du système de santé au Québec.

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