La consultation publique sur l’hébergement touristique à Québec a eu lieu les 21 et 22 mars.

Habiter le territoire avant de penser business

À la suite de la consultation publique sur l’hébergement touristique des 21 et 22 mars 2018 à Québec, ceci est pour vous faire part de la position de deux citoyennes retraitées qui ont présenté chacune leur point de vue différent, mais sous l’angle du bien commun. Cette position n’a pas été entendue des journalistes, car leurs présentations se sont faites à la fin de l’après-midi du 22 mars, bien après que les caméras aient quitté la salle.

Toutes deux, sans s’être consultées, arrivent à la même conclusion : dans la complexité du débat qui se situe entre le devenir de la cité numérique et le rôle des municipalités, le seul repère possible est celui du citoyen, de ce citoyen dans le sens civique du terme, bien informé, conscient de ses droits, mais aussi de ses devoirs et obligations. 

Pour illustrer cet angle du débat, l’une d’elles, résidente du Vieux-Port citait la Charte de l’Organisation des villes du patrimoine mondial et son premier règlement, négocié par les représentants des Villes du Patrimoine mondial alors que feu le maire Jean-Paul L’Allier en était le premier président. Cette Charte déclare ceci : 

«...Déclarent solennellement s’unir et adhérer aux valeurs de l’Organisation des villes du patrimoine mondial et s’engagent à œuvrer prioritairement pour le bien-être des habitants des villes du patrimoine mondial;»

C’était en 1993 bien avant la cité numérique. 

Mais l’histoire — comme le disait le professeur et chercheur Stéphane Roche de l’Université Laval dans sa conférence du 15 mars 2018 — nous rattrape. 

Pour illustrer son propos lors de cette conférence, le professeur Roche a révélé l’enjeu principal de la cité numérique en présentant un Inukshuk, symbole de repère par excellence. Il a ainsi cliqué sur chacune des grosses pierres qui constituent l’assise du numérique, une à une, pour se rendre lentement jusqu’au faîte de cette intelligence numérique, symbolisée par le Citoyen sur la pierre de tête, repère ultime selon le chercheur d’une Cité. 

Le professeur a ainsi accepté de prêter son symbole à la résidente de Saint-Jean-Baptiste, pour sa présentation du 22 mars. Celle-ci en effet démontrait par ce même Inukshuk que pour s’y retrouver en matière de droits et obligations en matière d’habitation touristique, il faut se placer du côté des droits de ceux qui habitent le territoire avant de penser à la business du tourisme. Si on veut encore voir des enfants jouer dans les cours d’école des lieux intéressants d’un point de vue touristique, il faut protéger les lieux d’habitation pour de l’habitation, pour ceux qui habitent le territoire, comme l’ont consacré les maires des Villes du patrimoine mondial en 1993.

Mireille Bonin, Québec