«Greenwashing» au Grand Prix?

POINT DE VUE / En réaction à la chronique «Vérification faite : 200 arbres couvrent-ils le CO2 du GP de Trois-Rivières?» de Jean-François Cliche parue le 1er août.

Dans un premier temps, je voudrais vous souligner mon grand intérêt pour vos articles qui remettent souvent les pendules à l’heure et nous éclairent.

Cependant, je suis très déçu d’une réponse que vous avez faite à propos de la plantation de 200 arbres pour compenser le CO2 émis lors du GP3R.

Bien que les calculs semblent exacts pour les voitures en piste (je me fie à vous et à l’organisme Arbre-Évolution), cette portion de CO2 émise par la tenue d’un tel événement me semble très négligeable par rapport à l’ensemble des émissions. Il est selon moi fallacieux de déclarer vraie une infime proportion d’une situation qui doit être vue dans son ensemble. C’est un peu comme si je déclarais que l’impact écologique des humains est à peu près nul lorsqu’ils dorment.

Je ne crois pas qu’on prend très bien conscience des émissions totales de CO2 d’un tel événement. Les équipes de courses, avec leurs multiples véhicules, ne voyagent pas légèrement. Leur empreinte globale doit être beaucoup plus grande que les quelques tours de piste faits lors de la course. Et c’est cette portion non déclarée des émissions de CO2 qui m’agace. C’est elle qui ferait, je crois, réaliser l’aberration d’un tel événement en 2019. Et ce malgré tout le spectacle, aussi impressionnant soit-il, que le GP3R peut offrir.

Je précise avant de poursuivre que je salue toute plantation d’arbres, peu importe le but recherché, car on aura sans aucun doute besoin d’un maximum d’arbres pour respirer et ne pas trop souffrir de la chaleur dans une cinquantaine d’années.

Enfin, et c’est ici mon principal point, le fait de planter des arbres ne fait que retarder l’émission du CO2 émis lors du GP3R. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un arbre a un bilan carbone neutre. Le CO2 capté par un arbre sera relâché lors de la décomposition de cet arbre. Ce dernier ne sert que de stockage temporaire. Que valent donc le stockage des arbres, pendant au plus une centaine d’années, sur du CO2 émis à partir de pétrole stocké depuis des millions d’années? C’est cette aberration qu’il faut mettre en évidence.

De brûler du pétrole pour le spectacle et de planter quelques arbres en prétendant avoir ainsi compensé ses effets néfastes est donc vrai? Je suis plutôt d’avis que Louis a raison : c’est sans aucun doute du greenwashing.

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