«À la suite de votre article, j’en déduis vraiment que l’inaccessibilité des services publics dans les écoles pour diagnostiquer l’autisme ou le spectre de l’autisme favorise uniquement les services privés d’évaluation de façon volontaire.»
«À la suite de votre article, j’en déduis vraiment que l’inaccessibilité des services publics dans les écoles pour diagnostiquer l’autisme ou le spectre de l’autisme favorise uniquement les services privés d’évaluation de façon volontaire.»

«Garder les plus pauvres ignorants plus longtemps»

Lysandre Brassard
Québec
POINT DE VUE / En réaction à la chronique «Peut-on cesser d’être autiste?» du journaliste Jean-François Cliche parue le 8 septembre

Bonjour M. Cliche,

À la suite de votre article, j’en déduis vraiment que l’inaccessibilité des services publics dans les écoles pour diagnostiquer l’autisme ou le spectre de l’autisme favorise uniquement les services privés d’évaluation de façon volontaire. Ces derniers se trouvent à avoir le monopole et donc à faire de l’argent sur le dos des parents qui veulent le meilleur pour leurs enfants. Ça expliquerait vraiment pourquoi le nombre de diagnostics a augmenté ces dernières années.

C’est devenu un passage obligé. En fait, dans mon cas, ma fille éprouve des difficultés à apprendre à lire en première année, simplement. Je voulais l’aider en cherchant à lui trouver un professionnel dans le métier. J’étais choquée que le CLSC de mon quartier me dirige vers les services d’un psychologue au niveau scolaire et que, de son côté, la direction de l’école me dirige vers des services au privé pour l’obtention d’un fameux diagnostic (TDA, TDAH, TSA, autisme, rien de moins) qui me permettrait d’avoir accès à ces services dans l’école, car la psychologue de l’école n’est présente qu’un certain nombre d’heures et ce, uniquement pour ceux qui ont, au final, payé leur diagnostic.

LIRE AUSSI : Peut-on «cesser» d’être autiste ?

Ma surprise la plus grande fut que la directrice adjointe de l’école de ma fille a eu honte de me dire que c’est chose régulière et que les commissions scolaires sont très «au parfum» de cela. J’ai bien hâte de voir où ira le budget supplémentaire annoncé dernièrement pour les enfants éprouvant des difficultés. Sûrement à ceux qui ont déjà l’argent pour aller se payer un diagnostic et ainsi garder les plus pauvres ignorants plus longtemps.

Lysandre Brassard (maman d’Alexie qui un jour aimera lire, je l’espère bien)