Le pape François en compagnie du président de l'Albanie, Ilir Meta, lundi

François, pape de transition ou du statu quo?

Depuis l’élection du pape François, les grands débats qui avaient cours au sein de l’Église catholique, tels l’ordination de femmes prêtres, le droit à l’avortement ou à la contraception de même que la question du célibat des prêtres ont tous été mis sur la glace.

Seule exception peut-être, un comité a été mis sur pied pour étudier la possibilité d’accepter que les femmes aient accès au diaconat tout comme elles l’avaient déjà au tout début de la chrétienté. Autrement dit, le plus haut niveau que les femmes peuvent espérer dans l’Église de François est celui de femmes diacres, c’est-à-dire d’aide au travail des prêtres…

Mais, pour ce qui est des autres questions, rien de concret, si ce n’est le refus systématique de changements et cela, évidemment, à la grande satisfaction de la curie romaine.

En recentrant l’Église sur la charité envers les démunis, François, que l’on se plaît à appeler «le pape des pauvres», prétend cependant vouloir mieux répondre au message premier du Christ. Mais est-ce vraiment le cas? Posons la question : si le Christ revenait sur Terre en 2018, quel pourrait bien être, en extrapolant à partir de sa vie sur Terre, son message pour notre époque?

Serait-il celui de François? Souvenons-nous des sorties intempestives du Christ : que ce soit contre les vendeurs du temple ou les pharisiens, jamais il n’a affecté quelque complaisance que ce soit envers l’inégalité institutionnalisée.

Chaque fois, il s’est rebellé contre ceux qui prétendaient au pouvoir religieux ou politique en gardant le peuple asservi. Il était de la trempe de ceux qui ne se gênaient pas pour élever la voix et prêchait ouvertement pour déloger les pouvoirs corrompus en place. Il en a d’ailleurs payé chèrement le prix… Le message du Christ n’était donc pas celui d’une compassion aveugle envers les démunis, mais d’abord et avant tout celui d’une révolte contre les injustices qui les créent.

Or si, pour la forme, le pape actuel encourage les pauvres, sur le fond, il ne fait rien de concret pour les sortir de leur misère. Les instruit-il? Les renseigne-t-il sur les aléas des grosses familles ou ne leur donne-t-il pas plutôt un chapelet pour les inciter à prier en silence? Se soucier des pauvres est une chose, mais utiliser la prétention à la charité chrétienne pour redonner du lustre à un empire en déclin tout en s’évitant d’avoir à discuter de problèmes de fond en est une autre!

Par exemple, en écartant toute discussion sur le mariage des prêtres, n’expose-t-il pas automatiquement des enfants à subir d’éventuels sévices sexuels commis par des prêtres brimés dans leur sexualité?

Autrement dit, plutôt que de changer les choses, François garde le statu quo en se présentant comme miséricordieux … Car voilà bien, je pense, la seule chose que ce pape sait faire : donner son pardon! Vivement un nouveau pape!

Pierre Desjardins, Québec