«Cette méthode itérative, c’est-à-dire essai, correction, nouvel essai, nouvelle correction, est devenue une spécialité du gouvernement caquiste de François Legault», écrit André Verville de Lévis.
«Cette méthode itérative, c’est-à-dire essai, correction, nouvel essai, nouvelle correction, est devenue une spécialité du gouvernement caquiste de François Legault», écrit André Verville de Lévis.

François Legault et la méthode itérative

POINT DE VUE / Lorsque j’étais étudiant, les professeurs nous présentaient quelquefois des problèmes de géométrie et de trigonométrie complexes, autant en travaux pratiques qu’en examens.

Décliner une logique sous forme d’équations, c’était un exercice fastidieux qui prenait du temps et quelques-uns d’entre nous avaient découvert la voie rapide rendue possible par nos nouvelles calculatrices électroniques de l’époque. On y entrait une hypothèse de solution approximative et la calculatrice mettait à l’essai les variables et minimisait les écarts jusqu’à ce qu’elle converge sur des valeurs optimales. Peu de labeur et des solutions rapides résultant d’un processus accéléré d’essais et de correctifs. Il m’est même arrivé de découvrir une seconde solution à celle que proposait le professeur, tout aussi valable et qui figurait dans l’angle mort d’une géométrie différente de ses hypothèses de départ.

Cette méthode itérative, c’est-à-dire essai, correction, nouvel essai, nouvelle correction, est devenue une spécialité du gouvernement caquiste de François Legault. Personne ne cherche la solution complète et totale au moment de rédiger une loi et le projet de loi 61, éminemment perfectible, qui donne au départ carte blanche au gouvernement dans la relance de grands projets de construction, en est un bel exemple.

Ça peut très bien marcher et être très efficace, mais ça requiert deux choses: des partis d’opposition qui ne dorment pas sur le piton et qui sont en mesure de «calculer rapidement» des mesures correctrices aux projets de loi et d’autre part un parti au pouvoir qui applique ces corrections sans s’entêter dans ses hypothèses initiales. Avec le gouvernement actuel et l’expérience de deux années de ce régime inhabituel, je crois bien que nous avons les deux pour l’instant.

Bien que ça fasse mal paraître le gouvernement et que ça lui donne un air brouillon ou de girouette qui change d’idée avec le vent, les résultats sont au rendez-vous. Quand on a en fin de compte la bonne réponse à la question d’examen, il est très peu probable que le professeur ne nous donne pas au moins la note de passage, même s’il n’a rien compris dans notre logique et dans nos développements!