«Quoiqu’il soit tout à fait naturel que ce soit le pape qui initie cet appel au changement, je suis d’avis que des voix de partout dans le monde doivent se lever et suivre le message d’ouverture de François», indique Henri Marineau.
«Quoiqu’il soit tout à fait naturel que ce soit le pape qui initie cet appel au changement, je suis d’avis que des voix de partout dans le monde doivent se lever et suivre le message d’ouverture de François», indique Henri Marineau.

François face à la peur du changement de l’Église

POINT DE VUE / Le pape François, à l’occasion de ses vœux de Noël aux cardinaux, évêques et prêtres qui oeuvrent au Saint-Siège, a dénoncé la «rigidité» dans la manière de vivre sa foi chrétienne et les a appelés à s’ouvrir au changement.

«Aujourd’hui, nous ne sommes plus les seuls à produire de la culture, plus les premiers entendus ni les plus écoutés, a déclaré François aux prélats. La foi en Europe et dans une grande partie de l’Occident n’est plus une présomption évidente, mais plutôt souvent niée, marginalisée et ridiculisée.»

En s’exprimant ainsi, François défend sa vision et ses priorités en tant que reflet de l’Évangile et de l’axiome selon lequel la vraie tradition de l’Église est celle d’un chemin de changement continu et distinct. «La tradition n’est pas statique, elle est dynamique», a-t-il lancé.

Le chemin du changement rencontre de nombreux obstacles de la part d’une certaine frange de catholiques traditionalistes qui dénoncent haut et fort l’accent que met le pape François sur la miséricorde et l’ouverture à une marge de manœuvre doctrinale sur des questions telles que les sacrements pour les catholiques divorcés et remariés civilement.

Quoiqu’il soit tout à fait naturel que ce soit le pape qui initie cet appel au changement, je suis d’avis que des voix de partout dans le monde doivent se lever et suivre le message d’ouverture de François.

Elles répondront ainsi à l’inquiétude du défunt cardinal Carlo Maria Martini, qui dans son dernier entretien avant de mourir en 2012, a déploré que l’Église soit «200 ans en retard» en raison de sa peur innée du changement.