«Même si la Ville, en réponse à nos nombreuses doléances, a consenti à aménager un marché saisonnier [image], celui-ci n’est pas représentatif des besoins des résidents», écrit Michel Masse, président du Comité des citoyens du Vieux-Québec.

Fermeture du marché du Vieux-Port: un jour triste pour les résidents

POINT DE VUE / Avec l’annonce en début de semaine de la date d’ouverture du Grand Marché à ExpoCité, le couperet est maintenant tombé sur le marché du Vieux-Port. Son arrêt de mort est signé pour le 12 juin. De plus, sa démolition sera très rapide pour éliminer tout espoir de retour. Sur le site, la Ville aménagera dans les jours suivants un marché saisonnier, sous la tente, qui sera une pâle vitrine du Grand Marché et loin derrière l’offre alimentaire qui était encore disponible il y a quelques mois.

Les résidents des quartiers centraux, les restaurateurs et les touristes sont perdants à tous les niveaux. Ils perdent un service de proximité qui est un atout attractif pour les nouveaux résidents et non négligeable à la qualité de vie des résidents du secteur : pouvoir à distance de marche, c’est-à-dire sans utiliser un véhicule, aller faire ses emplettes dans un endroit convivial près du fleuve. De plus, même si la Ville, en réponse à nos nombreuses doléances, a consenti à aménager un marché saisonnier, celui-ci n’est pas représentatif des besoins des résidents. 

Les touristes sont également perdants. Jusqu’à présent, ils pouvaient visiter le Vieux-Québec et place Royale et en quelques minutes accéder à pied aux étals de produits du terroir et à cette magnifique vitrine de la gastronomie québécoise qu’était le marché du Vieux-Port. Dès le 12 juin, ils devront prendre une navette qui les conduira en banlieue sur un site qui est très loin du charme typique des marchés traditionnels que l’on retrouve partout en Europe et en Asie et qui permettent une rencontre avec la vie de quartier.

Après plus de 30 années de loyaux services sur le site actuel, l’administration municipale poursuit son plan et met fin à cette belle aventure qui amenait la campagne sur les bords du bassin Louise. Le Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ) est évidemment très déçu de voir disparaître cette institution qui cadrait parfaitement dans son environnement et qui rappelait les marchés antérieurs qui historiquement se sont installés à différents endroits dans le Vieux-Québec. Le marché du Vieux-Port, alias marché St-Roch, a toujours fait partie du centre-ville depuis 1857.

Au cours des quatre dernières années, le CCVQ a milité sur toutes les tribunes pour manifester son opposition à la fermeture du marché actuel. En 2017, le CCVQ a produit un rapport exposant sa position de conserver le marché sur son emplacement actuel tout en bonifiant l’offre de produits et en rénovant l’édifice. Ce rapport a été transmis à la Ville qui n’y a jamais répondu. L’annonce d’aujourd’hui tout comme celle d’aménager le Grand Marché demeure incompréhensible. 

En 2010, la Ville avait pourtant pris la décision de maintenir le marché du Vieux-Port en bordure du bassin Louise. Elle prévoyait y réaliser des travaux qui permettraient une augmentation de l’espace pour les commerçants, de meilleures installations de services et une amélioration importante de la façade du bâtiment. Nous ne comprenons pas pourquoi la vitalité du Grand Marché est tributaire de la fermeture du marché du Vieux-Port. Il y a place dans la grande Ville de Québec pour plusieurs marchés sans que l’un entraîne la destruction de l’autre. Le nouveau Grand Marché est suffisamment loin du Vieux-Québec pour que le marché du Vieux-Port ne nuise pas à l’achalandage ni à la vitalité du nouveau marché.

L’annonce de la date de fermeture du marché du Vieux-Port est un jour triste pour les résidents du Vieux-Québec et des quartiers centraux. Nous regrettons cette décision qui aurait pu être différente.