Fermeture des villages : la clé que personne ne voit

POINT DE VUE / La fermeture par mort annoncée de plus de 200 villages québécois en a fait sursauter plus d’un. Plusieurs maires et porte-paroles régionaux n’ont eu le choix que de prendre la plume pour remettre les pendules à l’heure et affirmer le dynamisme des régions. Avec raison, il faut en convenir.

Il ne faut cependant pas fermer les yeux devant les problématiques démographiques pour autant. La population augmente là où il y a plus d’opportunités d’emploi et diminue graduellement par l’effet du vieillissement là où le commerce, l’industrie et l’exploitation des ressources naturelles et agricoles sont en déclin. On comprend donc les élus régionaux de tout faire pour attirer l’emploi dans leur patelin.

Il existe par ailleurs un cas particulier totalement hors-norme qui a peut-être eu plus d’importance et d’effets sur le développement économique de nos régions et qui est passé sous le radar depuis plus de 40 ans : le zonage agricole.

Né d’une problématique grave des années 1970 de l’étalement des banlieues dans la grande région de Montréal, le zonage agricole a «peinturé vert» la presque totalité de la Vallée du Saint-Laurent et interdit le fractionnement des lots. 

Sans tambour ni trompette, le gros bon sens de la protection des terres agricoles s’est transformé en religion des ayatollahs de la Protection des terres. 

Aujourd’hui, toute utilisation du territoire pour des fins autres que l’agriculture ou l’exploitation forestière est présumée coupable de vol et recel de territoire agricole par le tribunal de la toute puissante Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

J’aimerais un jour voir au moins quelques élus régionaux faire le bilan des effets positifs et négatifs de cette exception toute québécoise à l’exercice du droit de propriété.

Les élus réaliseraient enfin combien elle restreint les options d’établissement des familles sur leur territoire. Il me semble qu’il s’agit d’une clé importante de leur survie démographique, mais que pour d’obscures raisons, personne ne semble disposé à l’amener sur la place publique.