Faire de la qualité de vie des personnes vulnérables une priorité nationale

L’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) salue la demande d’action collective pour maltraitance intentée par le Conseil pour la protection des malades.

Sa démarche nous invite à une importante réflexion sur la façon dont nous traitons les plus vulnérables de nos citoyens. À l’aube de la campagne électorale, le moment ne saurait être mieux choisi pour qu’enfin, l’enjeu de la qualité de vie des personnes vulnérables obtienne l’attention médiatique et politique qu’il mérite.

Un combat constant pour la qualité

L’ARIHQ regroupe 900 ressources intermédiaires d’hébergement (RI) à travers le Québec. À mi-chemin entre les soins à domicile et les CHSLD, elles offrent des milieux de vie adaptés à plus de 14 000 personnes vulnérables, parmi lesquelles se retrouvent des aînés en perte d’autonomie, des personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou physique ou encore une problématique de santé mentale.

Les conditions de vie dans les ressources intermédiaires sont, fort heureusement, loin de celles dénoncées par le Conseil pour la protection des malades. En fait, l’objectif de l’ARIHQ est justement d’assurer dignité et qualité de vie aux personnes vulnérables dans leurs communautés. Les gestionnaires sociaux que sont les propriétaires de RI aspirent à offrir un environnement où les résidents cohabitent sereinement et où l’humain reçoit toute l’attention qu’il mérite.

Assurer la qualité des services dans nos installations n’en demeure pas moins un combat de tous les instants. De nombreuses RI font face à des difficultés récurrentes depuis plusieurs années. L’ARIHQ se bat pour obtenir un financement adéquat permettant d’offrir des services de qualité, dispensés dans la dignité et le respect des personnes vulnérables qui lui sont confiées.

La réalité est que plusieurs de nos membres doivent redoubler d’imagination pour offrir des services qui tiennent réellement compte des besoins toujours plus importants de leur clientèle, pour offrir des conditions de travail décentes à leurs préposées aux bénéficiaires, voire tout simplement joindre les deux bouts et éviter la fermeture.

Une prise de conscience collective

Les personnes vulnérables n’ont malheureusement pas la même capacité à faire entendre leur voix que d’autres groupes de la société. Vous les verrez rarement manifester dans les rues ou exercer des moyens de pression qui perturberont l’économie ou le quotidien des gens. Trop souvent, c’est dans l’indifférence collective qu’ils ont vu leurs conditions de vie se détériorer.

L’ARIHQ en sait quelque chose. Après des années à plaider en vain pour de meilleures conditions pour nos travailleurs et nos usagers, il aura fallu une vaste mobilisation de toutes les RI du Québec et une manifestation devant l’Assemblée nationale l’automne dernier, pour qu’enfin les médias s’intéressent à notre cause et que le gouvernement réponde à certaines de nos demandes.

Nous levons donc notre chapeau à Daniel Pilote et à tous les usagers des CHSLD qui ont choisi d’affirmer, haut et fort, que leur situation n’est plus tolérable. Nous espérons que leur courage marquera un changement de cap et qu’il incitera nos décideurs à faire de la qualité de vie des personnes vulnérables une véritable priorité nationale. C’est ce à quoi l’ARIHQ et ses 900 gestionnaires de cœur s’attellent depuis plus de 25 ans.

Michel Clair, président du conseil d’administration

Johanne Pratte, directrice générale

Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec