Faire confiance au processus d’évaluation environnementale

POINT DE VUE / En réaction au Point de vue «Qui faut-il croire, GNL ou la Coalition Fjord?» de M. Benoît-Robin Lessard paru le 20 octobre.

M. Lessard,

C’est avec intérêt que nous avons pris connaissance de la lettre que vous avez diffusée dans Le Soleil et Le Quotidien dimanche dernier. Avant tout, nous tenons à souligner que la seule interprétation du sondage véhiculée par l’entreprise est celle du commanditaire de celui-ci, soit la station de radio locale Kyk FM. À cet égard, nous invitons la population à consulter le site Web de la station pour être éclairée sur les résultats.

En ce qui concerne les méthodes d’extraction du gaz naturel au Canada; notre pays exploite le gaz naturel pour son alimentation domestique depuis plusieurs décennies, notamment pour combler nos besoins énergétiques, ici, au Québec. Les normes canadiennes à cet égard sont parmi les plus exigeantes au monde et on ne dénote aucune problématique majeure liée à cette exploitation.

Contrairement à ce que vous véhiculez, il est faux de prétendre que le gaz naturel liquéfié (GNL) produit au Saguenay émettrait autant de GES que le charbon et le pétrole. L’analyse de cycle de vie, produite en suivant rigoureusement les règles de l’art, par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) et auditée par une firme indépendante, est claire à cet effet. D’abord, il est stipulé que, compte tenu de la demande mondiale, le GNL n’entrera pas en compétition avec le développement d’énergie renouvelable.

Ensuite, selon le scénario très conservateur de vente fourni par l’entreprise, le GNL produit au Saguenay-Lac-Saint-Jean contribuera à réduire au net, en tenant compte de tous les éléments, de 28 millions de tonnes les GES émis dans le monde. C’est l’équivalent d’enlever, du jour au lendemain, pas moins de sept millions de voitures sur nos routes! Au sujet de l’utilisation du GNL dans le monde, l’Agence internationale de l’énergie est très claire. Cette énergie a contribué, entre 2011 et 2018, à l’évitement de 500 millions de tonnes de GES dans le monde par la substitution aux charbons. Ces efforts doivent se poursuivre et la demande dans l’avenir ira en ce sens.

Bien entendu, nous ne partageons pas votre vision pessimiste concernant les retombées économiques et la création d’emploi qu’engendrera le projet. Bien au contraire, nous croyons qu’Énergie Saguenay représente une excellente avenue pour la diversification économique de notre région, en plus de développer des emplois de qualité dans un secteur de pointe. Quant aux prévisions de ces retombées, c’est tout à fait vrai qu’elles ont évolué depuis le lancement de notre projet. Tout comme c’est le cas pour les grands projets d’envergure, nos données se sont précisées, avec de nouvelles études qui ont permis de raffiner nos prévisions.

En ce qui concerne la circulation des méthaniers, nous tenons à rappeler que ces navires sont parmi les plus sécuritaires au monde et que le bilan des incidents liés à ceux-ci est exemplaire. Il faut également souligner que le fjord du Saguenay est trois fois plus large et dix fois plus profond que le chenal nord du fleuve Saint-Laurent. Par ailleurs, d’aucune façon, la circulation de méthanier ne priverait Rio Tinto de son approvisionnement.

Avant de conclure, nous tenons à rappeler que le projet Énergie Saguenay est soumis à des processus environnementaux parmi les plus rigoureux et sévères au monde. Pour ce faire, nous devons fournir avec l’aide de scientifiques et d’experts dans les domaines de l’énergie et de l’environnement une quantité importante d’information aux autorités provinciale et fédérale chargées d’analyser le projet. Il s’agit d’un processus public et transparent. En 2020, notre projet sera soumis aux audiences publiques du Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE), l’un des examens les plus rigoureux dont le Québec peut être fier.

Nos équipes travaillent très fort depuis 2014 pour proposer le meilleur projet possible. Nous invitons les différents groupes au respect des institutions qui nous gouvernent en la matière et à ne pas faire le BAPE avant le BAPE.

Entre temps, nous souhaitons que la population puisse faire la part des choses concernant les informations qui sont véhiculées sur le projet.