Pour l’Association des pédiatres du Québec, ne pas se faire vacciner ou se faire vacciner en retard, c’est comme ne pas attacher correctement ses enfants en voiture; il n’y a pas de risques à prendre.

Être bien vacciné, et au bon moment

En réaction à la lettre d’opinion «Absurde course aux vaccins» de la Dre Sylvie Chateauvert parue le 5 septembre 2018

L’Association des pédiatres du Québec est grandement préoccupée par l’enjeu de l’accessibilité aux vaccins pour enfants soulevé dans la lettre d’opinion de la Dre Sylvie Chateauvert, qu’elle adressait mercredi au ministre de la Santé Gaétan Barrette. L’Association a elle-même clairement fait part de sa position au ministre sur la question à l’automne 2017.

La vaccination est essentielle. Malheureusement, le parent doit affronter un parcours du combattant et il est fort probable qu’il ne puisse s’absenter de son travail à trois reprises pendant la même semaine pour des rendez-vous médicaux. Et même s’il peut le faire, les disponibilités dans les CLSC sont limitées puisqu’ils sont débordés de demandes d’administration de vaccins. La multiplication et la complexité des démarches pour faire vacciner son enfant peuvent ainsi engendrer des retards vaccinaux.

Les maladies que l’on veut prévenir avec la vaccination des 2, 4, 6 et 12 mois sont des maladies sérieuses (ex. : coqueluche, méningocoque, rougeole-rubéole-oreillons, etc.) qui touchent les jeunes enfants. Afin d’assurer une bonne protection et d’éviter des complications, les vaccins ont absolument besoin d’être donnés selon le calendrier recommandé par le Comité d’immunisation du Québec. Ceci permet d’assurer une protection optimale puisque ces infections ont une incidence plus élevée chez les très jeunes enfants.

Mes collègues et moi-même avons tous soigné des enfants aux prises avec des méningites ou des encéphalites qui auraient pu être évitées. Pour nous, ne pas se faire vacciner ou se faire vacciner en retard, c’est comme ne pas attacher correctement nos enfants en voiture; il n’y a pas de risques à prendre.

Pour des raisons évidentes de santé publique, nous avons tout intérêt à ce que nos enfants soient bien vaccinés et aux bons moments. Il importe alors pour le ministère de la Santé et des Services sociaux de s’assurer que le réseau des CLSC offre la vaccination en temps à nos jeunes enfants. Le prochain gouvernement et son ministre de la Santé devront améliorer rapidement la situation.

Pascale Hamel, Présidente de l’Association des pédiatres du Québec