État et assurance condo

Ne serait-il pas utile que des philosophes ou des sociologues se penchent sur le bien-fondé de certains aspects de la Loi 141 visant principalement à améliorer l’encadrement du secteur financier, notamment l’obligation pour les condos d’avoir un fonds d’autoassurance liquide et disponible à court terme en cas de sinistre?

Est-il normal que l’État s’insère dans le domaine des assurances au point d’entrer dans les détails de calcul des montants à réserver pour les franchises ou pour compenser un manque d’argent dans le fonds de prévoyance? On peut comprendre qu’on ait jugé utile jadis de créer la Régie du logement afin de servir d’intermédiaire entre les locateurs et les locataires de logement. C’était une question de bien commun. Mais tel n’est pas le cas des condos où la gestion financière relève de la régie interne d’un bien privé. En été 2018, le gouvernement Couillard a cédé aux pressions exercées par les compagnies d’assurances au moment où elles visaient la réduction des couvertures d’assurances de toutes sortes. Peut-on dire qu’en adoptant cette loi, c’était l’État au service du privé?

Jean-Marie Desgagné, Québec