Les premiers ministres de l’Ontario (Doug Ford), de la Saskatchewan (Scott Moe) et du Québec (François Legault)

Et si le Québec devenait plus autonome économiquement?

Lettre au premier ministre du Québec

Comme premier ministre du Québec, vous avez fait connaître, peu de temps après votre accession au pouvoir, votre stratégie pour lutter contre le réchauffement climatique. Le plan «vert» de la CAQ passera par l’hydroélectricité. Souvenons-nous aussi que vous vous êtes donné pour mission d’accélérer le processus de négociation pour doubler l’approvisionnement en hydro-électricité de New York dont 5 % de l’énergie provient présentement du Québec.

De plus, vos discussions récentes avec le premier ministre Doug Ford visaient à convaincre votre homologue ontarien d’importer l’énergie québécoise. Cette stratégie est, au premier abord, intéressante pour le Québec sur le plan économique alors qu’Hydro-Québec doit composer avec d’importants surplus énergétiques (18 térawattheures).

Mais les dés sont jetés, nos voisins provinciaux ont choisi la filière nucléaire. Voilà ce qui résulte de la décision des premiers ministres du Nouveau-Brunswick (Blaine Higgs), de l’Ontario (Doug Ford) et de la Saskatchewan (Scott Moe) de favoriser la mise en service de réacteurs nucléaires modulaires dans le but d’atténuer les effets des changements climatiques au détriment de l’énergie hydroélectrique québécoise. Cette importante décision est non seulement dangereuse pour l’environnement, mais aussi nie toute collaboration pour importer l’énergie produite par les centrales d’Hydro-Québec.

Malgré le fait que cette technologie de réacteurs nucléaires modulaires laisse supposer que les impacts potentiels soient moins grands que les centrales nucléaires plus traditionnelles, les dangers du nucléaire pour l’environnement demeurent omniprésents. L’entreposage des déchets nucléaires près de la rivière des Outaouais à la frontière du Québec et de l’Ontario constitue une menace pour les populations locales : pourquoi devrions-nous subir la radioactivité potentielle des déchets des 20 centrales nucléaires de l’Ontario?

Dans ce contexte, l’approvisionnement en énergie électrique de filières énergivores constitue une avenue à privilégier. En effet, la création de villages de serveurs numériques qui nécessitent d’importantes quantités d’énergie aurait pour effet d’attirer les grandes compagnies numériques : notamment Google, Apple, Amazone et Facebook.

De plus, une approche pour le développement de la sécurité alimentaire et de bonnes habitudes avec notre énergie hydroélectrique ferait du Québec une terre nourricière, avec la mise en place de parcs de serres produisant des fruits et légumes biologiques à l’électricité (sans pesticide) au Québec à l’année. Cette avenue permettrait non seulement de diminuer le transport des aliments, mais encore d’assurer l’approvisionnement local à bon marché de produits santé. Fini les céleris à 4,50 $!

Les besoins énergétiques à l’échelle de la planète ne vont pas en décroissant et le Québec nordique n’y échappe pas. Songeons simplement à la crise générée auprès des producteurs de grains ne pouvant s’approvisionner en gaz propane lors de la grève des 3200 chefs de train, agents de train et de triage du Canadien National.

Cette décision des premiers ministres provinciaux sous-entend-elle qu’il vous sera encore plus facile de vous opposer à un oléoduc de pétrole traversant le Québec pour alimenter les raffineries du Nouveau-Brunswick?

Une chose demeure : il est indéniable que le Québec s’avère un leader mondial avec sa filière hydroélectrique et votre gouvernement devrait donner priorité au développement économique du Québec et de ses entreprises avec son énergie propre et renouvelable, source de fierté des Québécois et Québécoises.