En attendant le troisième lien…

Bien que nous ayons bien peu d’informations solides, tant techniques que financières, concernant le fameux troisième entre Lévis et Québec, les politiciens profitent de l’appétit populaire pour cette solution.

Mais en attendant qu’une décision à ce sujet soit prise, est-ce que nos politiciens ne pourraient pas imaginer des solutions moins dispendieuses qu’on peut mettre en œuvre rapidement? 

Bien sûr, il y a déjà quelques initiatives intéressantes : nous pensons à celle de l’Université Laval de retarder le début des cours en matinée. Mais il y en a d’autres.

Pourquoi ne pas encourager systématiquement le télétravail? Combien de cols blancs pourraient faire l’économie de déplacements pour écrire, communiquer et tenir des rencontres «en ligne», des pratiques que les technologies facilitent depuis pas mal de temps? Nous posons ces questions en particulier aux ministères et agences publiques québécoises ainsi qu’aux administrations municipales, au premier titre celles de Lévis et de Québec.

Le télétravail n’est certes pas une panacée. Il ne s’applique pas à toutes et à tous : pensons aux employés offrant des services directement aux citoyens. Mais beaucoup d’entre nous devons travailler sur la rédaction de documents, échanger occasionnellement avec des collègues, etc. On ne peut pas l’imposer : toutes et tous ne disposent pas à domicile d’un espace réservé aux activités professionnelles. Mais beaucoup le pourraient.

Parmi les avantages, on compte : moins d’automobiles sur les routes aux heures de pointe, donc moins de pollution automobile, moins d’utilisateurs des transports en commun à ces mêmes heures, des économies d’argent et de temps pour les télétravailleurs, une manière de mieux concilier les responsabilités familiales et le travail et, qui sait, une diminution des espaces de bureau souvent loués à grands frais. Bref, il y a beaucoup d’avantages.

Gageons que le principal obstacle est la réticence des cadres à superviser les employés à distance en présumant qu’à défaut d’avoir les employés à l’œil, ces derniers se la couleront douce. Bref, un défi qui est moins technologique qu’humain. Alors, nos gouvernements fédéral, provincial et municipaux dont les employés travaillent dans la grande région de Québec oseront-ils envisager une telle solution en attendant ce fameux troisième lien? Une solution relativement peu coûteuse et applicable à court terme pour enrayer des problèmes d’embouteillage déjà très sérieux. 

Évidemment, une solution peut être politiquement moins «rentable» pour nos élus mais plus économique pour l’ensemble des citoyens.

Natalie Rinfret et Daniel Maltais
Québec