Selon notre lecteur, dans la tentative par la justice et les politiciens conservateurs d’humilier publiquement le président Lula devant le monde, le courage et le caractère pacifiste de ce dernier ont parlé plus fort.

Emprisonner Lula, c’est emprisonner une idée

Le Brésil a été toujours considéré comme la puissance endormie, le pays de l’avenir.

Ce pays, mon pays, a été «trouvé» par les Portugais il y a 518 ans. Depuis sa «découverte», les élites ont toujours soumis le pays à la misère économique et sociale, en dépit de la taille et des richesses de notre territoire. Ces ressources, en fait, ont motivé l’actuelle intervention du grand capital spéculatif international : Embraer, Petrobras, Odebrecht, OAS, Eletrobras, aquifères Guarani et Alter-do-Chao, droits des travailleurs, retraites, système de santé, éducation publique. Depuis à peu près un an, le patrimoine brésilien continue à être détruit par les forces conservatrices néolibérales mondiales.

La «monnaie» Brésil a deux côtés dans l’histoire récente : sur une face, la croissance extraordinaire, l’inclusion de 30 millions de personnes dans la classe moyenne, le protagonisme international, le développement de la fierté brésilienne devant le monde, la souveraineté et l’autonomie. Sur l’autre, l’élite amère, habituée à l’esclavage, à la misogynie, au racisme, aux colonialismes mental, économique et social.

Cette face du Brésil a imposé sa volonté au pays au moyen d’un coup d’État contre Mme Dilma Rousseff, pivot d’un des plus grands scandales d’espionnage international et d’une procédure politique frauduleuse. Frauduleuse, car sa déposition a été motivée par manœuvres comptables faites historiquement par d’autres présidents avec le but exclusif de garantir le paiement de l’aide sociale qui a garanti l’inclusion des pauvres dans le marché de consommation.

L’apothéose du plan d’élimination des politiques d’inclusion et de souveraineté brésilienne a été la tentative par la justice et les politiciens conservateurs d’humilier publiquement le président Lula devant le monde. Le courage et le caractère pacifiste de Lula ont parlé plus fortement. Le président a décidé de se rendre à la police fédérale pour éviter de verser le sang du peuple qui l’accompagnait au Syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo. Le peuple voulait résister. Et Lula... ah! Lula... il est sorti plus fort que jamais.

Quelques lignes ne sont pas suffisantes pour expliquer la complexité du problème au Brésil. Elles ne traduisent pas la partialité de la justice brésilienne, dont les représentants maintiennent une vie sociale intéressante en fréquentant des politiciens accusés de corruption qui s’opposent à Lula à aux forces populaires. Elles ne suffisent pas non plus pour dire que la plupart des juges reçoivent plus d’argent du trésor qu’autorisé par la loi. Que les juges sont complaisants avec toutes les injustices et distorsions dont bénéficie leur corporation.

Nous, les progressistes, craignons pour la vie de Lula. Hier, dans la communication entre l’avion qui le transportait à Curitiba et le contrôle aérien, une personne a dit : «Jette cette poubelle de l’avion». Lancer les opposants des avions a été une pratique délibérée des dictatures de droite qui ont dominé l’Amérique latine depuis les années 60.

Une partie du peuple brésilien a vécu 21 ans de régime autoritaire, avec la bienveillance des puissances, mais n’a rien appris. Au contraire, une partie haineuse de la population se sent maintenant autorisée à dire et pratiquer toutes sortes de violence, car les forces de répression, créées pendant les «années de plomb» et encore existantes, répriment seulement la gauche, de plus en plus criminalisée.

Lula n’est pas simplement une personne forte, c’est un homme qui a vaincu la famine et est devenu le président le plus populaire de l’histoire du Brésil. Il n’est pas simplement le chef d’État qui a promu la coopération sud-sud, le dialogue entre l’Iran et l’Occident et les négociations hémisphériques.

Lula est une idée et une pratique d’inclusion, de tolérance et de respect mutuel. Nous, les progressistes, craignons alors pour la vie des idées que Lula représente.

Mauricio da Costa Barros, Québec