L’auteur de cette lettre d’opinion propose que le Québec se donne comme projet collectif de devenir le fer de lance de la lutte aux changements climatiques. Il dit que l’environnement doit être LA priorité, sans quoi il n’est même plus nécessaire d’espérer quoi que ce soit pour les générations à venir.

Élections: l’inquiétant silence sur l’environnement

La campagne électorale au Québec se déroule à plein régime depuis ses débuts, avec son écrasant lot de promesses répondant à chacune des préoccupations concrètes des citoyens. Celles-ci semblent segmentées de façon à cibler chaque partie de l’électorat. Mais avons-nous oublié que nous partageons ensemble quelque chose de très précieux?

Dans notre course effrénée vers la croissance économique, on ne semble même plus se préoccuper du grave danger qui nous guette tous : «l’accélération marquée et peut-être inexorable de la destruction de notre environnement. Elle est maintenant envisagée avec sérieux par de plus en plus de chercheurs, mais il semble que nous soyons devenus aveugles collectivement. C’est du moins ce que laissait entendre l’ex-ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, à travers sa démission fracassante en direct à la radio. “On s’évertue à entretenir un modèle économique [qui est la] cause de tous ces désordres climatiques.”

Son impuissance devant le manque de volonté politique de son gouvernement à faire face à la pire menace qu’a connue l’humanité est une très mauvaise nouvelle. Son cri du cœur devrait nous rejoindre tous. Et rapidement. Car le temps joue contre nous et les “petits pas” ne suffisent plus, souligne-t-il. 

L’urgence d’agir

Il s’agit d’un constat d’échec, non seulement pour la classe politique française, mais pour toutes les élites politiques, qui semblent obsédées par les rendements immédiats, la croissance du PIB ou par tout bilan chiffré s’insérant dans un mandat de quatre ans. 

Admettons également que nous, citoyens, n’avons pas démontré jusqu’à présent une ardeur particulière à la lutte contre les changements climatiques. Il semble que nous sommes englués dans un confort matériel et intellectuel qui rappelle les mots de Dédé Fortin : “Pis à part ça le monde entier veut juste savoir combien ça coûte”. Hélas, au regard de notre inaction, on constate qu’il avait mille fois raison. 

Malgré notre lassitude, nos politiciens ne peuvent plus ignorer les catastrophes à venir et les responsabilités que cela entraîne. Ce manque de vision à long terme s’illustre à merveille par l’objectif de Justin Trudeau de réduire les GES selon l’entente de Paris tout en annonçant l’achat du pipeline de Kinder Morgan.

Pour un Québec champion de la lutte contre les GES

Il est donc temps d’enlever nos œillères. Il faut plus que jamais discuter de transition énergétique, de transports collectifs et d’environnement. Nous sommes maintenant à l’époque drastique des grands pas. Le Québec a prouvé par le passé qu’il était capable de vision et il semble que nous nous sommes ensuite endormis sur l’autel de la consommation de masse par manque de projets collectifs. Alors, en voici un qui devrait rallier l’ensemble des Québécoises et des Québécois. Faisons du Québec le fer de lance de la lutte aux changements climatiques! L’environnement doit être LA priorité, sans quoi il n’est même plus nécessaire d’espérer quoi que ce soit pour les générations à venir. Certains scientifiques estiment qu’il est déjà trop tard, que des changements massifs auraient dû voir le jour bien avant et que le 21e siècle sera le dernier pour l’espèce humaine. Faisons plutôt le pari d’un changement radical et surtout, immédiat!

Yvan Duceppe, Fédération des professionnèles (FP-CSN)