Si tout tourne aussi rondement que prévu, le projet de transport en commun devrait soulager le réseau routier de 12 600 voitures par jour.

Sortir enfin du trafic

ÉDITORIAL / Si le projet de transport en commun de la Ville de Québec présenté vendredi remplit toutes ses promesses, bien des ménages pourront laisser leur «char» à la maison pour aller au travail ou se déplacer d’un quartier à l’autre, éviter l’achat d’une deuxième voiture, voire s’en priver d’une carrément. Mobilité accrue, économies et trafic en moins. Espérons que cette fois soit la bonne.

Le directeur général du Réseau de transport de la Capitale, Alain Mercier, n’a pas voulu préciser le nombre de minutes précieuses qu’une personne pourrait gagner en utilisant le transport en commun modernisé au coût de 3 milliards $. C’est une donnée déterminante dans le choix de prendre ou non le transport en commun. À suivre.

Sur d’autres éléments cependant, les informations fournies par les architectes du projet devraient inciter des citoyens, qu’ils vivent dans le secteur de Charlesbourg, de Cap-Rouge ou au centre-ville, à reconsidérer leur mode de déplacement.

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La modernisation du réseau ne fera pas gonfler la grille tarifaire. Celle-ci sera indexée. Sans plus. Le prix ne sera pas une justification pour continuer de voyager en solo en voiture. 

La Ville fait valoir également que 65% de la population (344 000 personnes) aura à 10 minutes de marche — environ 800 mètres — une composante du réseau qui desservira 85% des entreprises de l’agglomération, tous les cégeps ainsi que l’Université Laval.

La fréquence sera aussi accrue si le projet se déploie tel que prévu d’ici 2026. Qu’il opte pour tramway ou trambus, le client pourra attendre de 3 à 5 minutes aux heures de pointe, et de 10 à 15 minutes le jour, le soir et les fins de semaine, et ce, de 5h à 1h. 

Le chargé de projet assure également que «tout ça marche en hiver» et dans les pentes. 

Si tout tourne aussi rondement que prévu, le réseau routier devrait être soulagé de 12 600 voitures par jour. Et pour ceux qui doivent prendre leur auto, la Ville assure que la configuration du réseau de transport structurant éliminera seulement 1,7 km de voie routière. Pas de quoi se plaindre.

On se demande d’ailleurs pourquoi un tel projet n’a pas été présenté avant, tant il semble joindre les intérêts des utilisateurs du transport en commun et ceux des automobilistes. Ne manque que le réseau de transport de la Rive-Sud pour s’arrimer à celui de Québec. 

Cela viendra sûrement rapidement. Les 27 500 personnes qui vont de Lévis à Québec chaque jour n’accepteront pas de se contenter d’un piètre service de transport en commun alors que la capitale profitera d’un réseau de 3 milliards $ payé par le gouvernement du Québec et celui d’Ottawa.

La Rive-Sud ne peut miser uniquement sur un troisième lien, même si, période préélectorale aidant, des politiciens maintiendront que le projet de troisième lien et celui de transport en commun peuvent être tous les deux réalisés. 

Le premier ministre Philippe Couillard a rappelé qu’il y a eu une succession de projets à Québec, mais que cette fois, il y a également une vision. De la part de la ville, mais aussi de Québec et d’Ottawa doit-on ajouter. Sans financement adéquat des gouvernements, la vision de la Ville en matière de transport en commun et de développement est forcément limitée. 

Il fallait qu’Ottawa et Québec soient convaincus que la Ville de Québec peut voir «loin et gros», et que les projets ambitieux et innovants ne sont pas uniquement pour Montréal. Il fallait que Québec entre dans la modernité comme les autres villes de même taille au Canada.

Souhaitons maintenant que les citoyens de Québec en soient aussi convaincus et qu’ils profitent des séances de consultations pour suggérer des améliorations au plan proposé par la Ville, et non pour le démolir ou le repousser encore de 10 ans.