Écoles: l'eau potable avant la maternelle 4 ans

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Petite histoire de plomb dans l’eau des écoles de Québec» du journaliste Baptiste Ricard-Châtelain paru le 7 octobre.

Un article paru dans Le Soleil de lundi nous apprend que des écoles de la capitale auraient des concentrations de plomb «significativement élevées dans leur eau potable», jusqu’à quatre fois la norme recommandée par la Santé publique et le ministère de l’Environnement à l’école Saint-Malo.

Or, on connaît depuis longtemps la grande vulnérabilité des enfants à l’exposition au plomb et les risques majeurs que ceci peut représenter pour leur santé et leur développement. Un site d’information du gouvernement du Québec énumère d’ailleurs les effets neurologiques chez les enfants d’une exposition à long terme au plomb : diminution de la capacité intellectuelle, problèmes tels que l’hyperactivité et le trouble déficitaire de l’attention, difficultés d’apprentissage comme la dyslexie, changements comportementaux tels la réduction de la faculté de concentration, de l’irritabilité, etc.

Malgré les sommes annoncées par le ministre de l’Éducation afin de rénover les écoles, n’est-on pas en droit de se demander si ceci sera suffisant compte tenu des besoins si criants et de l’état lamentable du réseau? Y aura-t-il des analyses fréquentes de la qualité de l’eau dans tout le système scolaire? Qu’est-il prévu pour l’école Saint-Malo? La réfection complète de la plomberie et de l’entrée d’eau? Et si cette situation prévalait dans une école fréquentée par leurs enfants, nos élus ne seraient-ils pas déjà intervenus?

Au lieu de foncer tête baissée dans un projet de maternelle 4 ans pour tous, ne pourrait-on pas d’abord s’assurer que les enfants du Québec ont accès à un milieu de vie sain dans nos écoles publiques? Comment viser l’atteinte du plein potentiel des enfants alors que la toxicité de l’eau qu’ils boivent à l’école se révèle une entrave à leur propre développement?