Duplessis, l’Église et le crucifix

Le 7 octobre 1936, la Province de Québec se réveillait avec un crucifix au mur au-dessus du siège du président dans la chambre des députés. Ce geste avait été posé par le nouveau premier ministre, Maurice Duplessis, qui marquait ainsi son territoire. C’est aujourd’hui le crucifix de l’Assemblée nationale.

Il faut se rappeler le contexte.

Duplessis, chef de l’Union nationale, a battu les libéraux. Le gouvernement de Taschereau en poste depuis 12 ans était considéré corrompu et avait promulgué quelques lois qui déplaisaient au clergé. C’était l’époque où des curés disaient du haut de leur chaire : «le ciel est bleu, l’enfer est rouge».

Le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, sera même aux premières loges à l’ouverture de la session parlementaire. L’alliance entre l’Église et l’État était consommée. Fin stratège, Duplessis y trouvait son compte pour asseoir son pouvoir.

Il y a longtemps que ce contexte n’existe plus au Québec et, sans le nier, il faut cesser de le perpétuer.

Le crucifix doit disparaître de l’Assemblée nationale, placé dans un endroit où son histoire sera accessible, devoir de mémoire oblige!

Richard Gagné, Sainte-Pétronille