«Dignité», pas juste un mot

Ces dénonciations d’inconduites, d'abus et d'agressions sexuels provoquent une prise de conscience collective que ces gestes ne sont plus admissibles et que nous souhaitons des relations respectueuses entre nous.

Que des femmes, des hommes également, ne se laissent plus enfermer dans le silence, qu’elles puissent sortir de la peur, de la honte et dénoncer ce qu’elles vivent. Nous savons que tous ces gestes ne sont pas anodins, qu’ils touchent la dignité de la personne, que ces actes laissent des séquelles profondes. Devenir libres par la parole, libres du pouvoir exercé sur elles et croire qu’elles seront entendues. 

Cette notion de dignité inhérente à chaque être humain est au cœur du message de Jésus Christ. Introduite dans le droit international en 1948 par la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle «est le principe selon lequel une personne ne doit jamais être traitée comme un objet ou comme un moyen. Elle mérite un respect inconditionnel, indépendamment de son âge, de son sexe, de son état de santé physique ou mentale, de sa condition sociale, de sa religion ou de son origine ethnique.»

Comme société, comme membre de cette société, nous pouvons toutes et tous nous questionner sur le message que nous transmettons des relations homme-femme dans notre langage, dans les médias, les vidéoclips ou le corps féminin est souvent présenté comme un objet, un instrument. Que ce mot «dignité» ne soit pas seulement un beau principe, mais que nous puissions le vivre, c’est ce que je nous souhaite comme société. 

Thérèse Duval, Répondante à la condition des femmes, Église catholique de Québec