Le gouvernement libéral majoritaire a rejeté la motion de Simon Jolin-Barrette, demandant au gouvernement d’abolir le délai de prescription pour les victimes d’agression sexuelle.

Des victimes anéanties

Quel triste spectacle auquel j’ai assisté mardi du haut du balcon donnant sur l’Assemblée nationale! À la suite du dépôt d’une motion de Simon Jolin-Barrette, l’Assemblée nationale a demandé au gouvernement d’abolir le délai de prescription pour les victimes d’agression sexuelle. On a donc procédé au vote. Le gouvernement libéral majoritaire a rejeté la motion.

Pourtant, la Protectrice du citoyen, le juge Dussault dans son rapport, le Barreau du Québec représentant 26 000 membres, les nombreux écrits du juge Grammond, les membres de l’Opposition, tous sont en faveur de l’abolition du délai de prescription.

Malgré les nombreuses lettres des victimes demandant à la ministre de la Justice Stéphanie Vallée d’avoir enfin droit à la justice, celle-ci, en plus de ne pas répondre à ces lettres, a ignoré ces victimes depuis le début de son mandat. En octobre 2010, Jean-Marc Fournier, alors ministre de la Justice, affirmait que le dossier était à l’étude. Le 13 mars 2018, Jonathan Hamel, conseiller politique au cabinet du premier ministre, répondait à des victimes que des équipes de travail étaient à étudier le dossier. Pendant plus de 7 ans, l’inaction et les réponses du parti libéral se sont avérées être un affreux supplice envers les victimes qui espèrent un jour avoir droit à la justice. Honte à vous!

Les victimes que je côtoie et accompagne depuis plus de sept ans dans ce combat qui n’en finit plus sont anéanties. Je suis très inquiet pour leur santé morale et physique. Ces victimes se disent violées cette fois par un gouvernement qui, pourtant, a le pouvoir et le devoir de changer la loi, ce qui leur donnerait l’accès à la justice pour enfin entamer leur processus de guérison.

Une femme sur quatre, un homme sur six. Voilà des statistiques qui font en sorte que des milliers de Québécoises et Québécois ont été victimes d’agressions sexuelles durant les dernières décennies. À toutes ces victimes, je vous invite à vous rappeler lors du vote du 1er octobre que 50 députés des partis de l’opposition ont voté pour les victimes et que 63 députés du Parti libéral ont voté… pour les agresseurs.

Agresseurs sexuels, grâce au gouvernement libéral, vous pouvez dormir en paix encore pour quelques mois.

Roger Lessard (porte-parole des victimes), Thetford Mines