La santé buccodentaire fait partie intégrante de la santé globale.

Des soins dentaires de qualité pour les aînés

Dans une unanimité rarement vue, l’ensemble des professions et métiers du domaine de la santé buccodentaire a applaudi à la décision de la ministre Marguerite Blais de lancer un nouveau programme d’accès aux soins dentaires aux aînés en CHSLD.

L’Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ) ne fait pas exception, car elle y voit la reconnaissance de ce qui est un grand préalable : il est primordial que tous soient sensibilisés à l’importance des soins quotidiens de la bouche, la santé buccodentaire étant partie intégrante et indissociable de la santé globale.

Cela étant, au-delà de l’annonce de la mesure elle-même, il importe de regarder de plus près ses modalités d’implantation de manière à ce que les intentions se concrétisent en des soins de qualité. Cinq éléments méritent d’être évoqués.

En premier lieu, l’universalité. C’est indiscutablement une très belle initiative que d’améliorer les soins dentaires aux aînés en institution. Plus encore, à l’heure où le gouvernement encourage de plus en plus les aînés à vivre à domicile, il faut implanter aussi des mesures équivalentes et adaptées à ceux qui ont choisi de demeurer chez eux. Par leur choix, ils soulagent grandement le système de santé. Ils ne doivent pas être pénalisés pour autant.

En second lieu, l’efficacité. Il existe quelques dentistes «missionnaires» qui font déjà des visites à domicile et en institution pour dispenser des soins dentaires. Il faut souligner leur apport remarquable, mais aussi apprendre de leur expérience. Ceux-ci disposent d’un équipement portable : chaise de traitement, matériel mobile, compresseur, lampe, etc. qu’ils doivent, pour l’heure, transporter et installer eux-mêmes. Dans un souci d’efficacité, ce travail pourrait être facilement effectué par des préposés. Cela permettrait aux dentistes de se consacrer entièrement à l’examen, au diagnostic, et au plan de traitement, préalables indispensables à la dispensation des soins buccodentaires et pour lesquels ils sont les seuls à avoir la formation requise.

En troisième lieu, la difficulté. Il faut en effet savoir que l’on ne peut comparer la nature des soins buccodentaires aux aînés en CHSLD à celle de ceux que l’on donne à la population générale. Une grande majorité d’entre eux est même difficile à examiner notamment à cause de problèmes cognitifs, d’une mobilité réduite, de troubles neurologiques. Une organisation des soins adaptés à leur situation est essentielle.

En quatrième lieu, la spécialité. On entend beaucoup parler ces derniers temps de délégation d’actes des médecins vers les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ou vers les pharmaciens; et cela est bien normal. De fait, tant les unes que les autres ont une formation qui leur permet de poser les gestes qui leur seront délégués. La délégation des médecins se fait vers les IPS qui ont au moins un diplôme de premier cycle universitaire. Il en va de même dans le domaine de la santé buccodentaire où une délégation équivalente pourrait avoir lieu lorsque nos hygiénistes auront la formation nécessaire pour assumer de telles responsabilités comme c’est les cas de leurs collègues des provinces où elles peuvent travailler sans la supervision d’un dentiste. Il ne s’agit ici que de formation à la hauteur des responsabilités à assumer pour assurer la qualité des soins buccodentaires.

Enfin, et c’est fondamental, la qualité. En institution ou à domicile, les aînés ont droit à des services de qualité; tout un chacun d’entre eux doivent avoir accès à l’examen, au diagnostic et au plan de traitement du dentiste qui œuvrera avec les autres professionnels de soins dentaires, exactement sur le modèle qui prévaut actuellement dans les cliniques dentaires privées dont l’efficacité et la qualité sont reconnues par tous. Dans nos cliniques, tout le monde travaille en équipe, dans le respect mutuel des champs de compétences et l’harmonie. C’est le modèle à suivre.

Les aînés ne sont pas des patients de second ordre; il faut en prendre bien soin et la dernière chose dont ils ont besoin c’est un nouveau problème de «maltraitance».