Des droits des citoyens

POINT DE VUE / Ces derniers jours, je suis songeur. Je ne peux m’enlever de l’esprit que le gouvernement du Québec, pour une deuxième fois en peu de temps, va présenter et probablement voter à la vapeur une loi qui va permettre à la Ville de Québec de passer outre les lois existantes pour brimer les droits de plusieurs citoyens qui habitent son territoire.

En effet, après avoir adopté une loi qui autorise la Ville de Québec à ne pas tenir de consultation populaire, lorsqu’un nombre de personnes prévu par la loi le demande, pour autoriser un projet soi-disant «exceptionnel» et imposer le projet controversé du Phare, le gouvernement du Québec s’apprête à présenter une autre loi qui permettra à la seule Ville de Québec de mettre de côté les lois qui régissent les expropriations.  

La Ville de Québec pourrait exproprier un citoyen sans qu’il n’ait son mot à dire pour permettre l’implantation d’un tramway qui devra suivre un trajet pour lequel aucune consultation formelle n’aura été complétée si ce n’est sous la forme de soirées d’information pendant lesquelles on informait le public plus qu’on le consultait. Probablement que plusieurs m’accuseront de ne pas penser à la majorité. J’ai toujours pensé que l’État était là pour protéger les droits des «faibles», comme ces citoyens(nes) qui se retrouveront face au contentieux de la Ville, victimes des lois changées et des bons vouloirs de M. le Maire. 

Comment les autres municipalités et villes du pays s’y prennent-elles lorsque vient le temps de mettre en place un grand projet? Si le transport structurant et les gratte-ciels démesurés sont si importants que les droits fondamentaux des citoyens ne sont plus respectables, qu’on nous le dise franchement!