Déchets radioactifs ou pollution?

Les écologistes purs et durs ont gagné leur point à bien des égards dans leur lutte contre la pollution, peut-être même qu’ils ont passé tout droit sur certains aspects. Au point où on serait en droit de se demander s’ils ne seraient pas en fin de compte eux-mêmes responsables d’une partie du réchauffement climatique. Ça demande des explications.

Aux États-Unis, l’accident de Three-Mile Island a sonné le glas de la construction de nouvelles centrales nucléaires au pays. Qu’a-t-on fait alors pour combler les besoins grandissants d’énergie chez nos voisins du sud? On a déployé des centaines de nouvelles centrales au charbon, au mazout et au gaz. Les Américains ont à l’évidence décidé de troquer les déchets et les risques d’accidents nucléaires contre la pollution atmosphérique. On a choisi une pollution globale, sournoise et insidieuse qui se dilue dans l’atmosphère terrestre et pour laquelle les responsables ne peuvent pas être individuellement tenus imputables, en lieu et place d’une pollution concentrée et gérable localement par confinement, mais dont personne ne veut prendre la responsabilité d’en devenir le gardien pour l’éternité.

Dans un autre ordre d’idées, je voyais un reportage télévisé qui montrait la fumée s’échappant des immenses évaporateurs d’une centrale nucléaire pour illustrer la pollution atmosphérique. Ce que le téléspectateur ne sait probablement pas, c’est que cette fumée n’est que de la vapeur d’eau, du bon nuage tout propre! La désinformation est-elle devenue une arme acceptable chez les écologistes?

Dans la lutte contre les changements climatiques, nous devrons, tous, faire preuve de pragmatisme et cesser les raccourcis, les questions de principes contre-productives et les simplifications et lieus communs qui frisent la désinformation. Le passage de l’humanité à des sources d’énergie moins polluantes ne se fera pas sans douleur et il impliquera peut-être des mesures transitoires imparfaites, comme les véhicules électriques actuels qui ne sont apparemment pas toujours aussi bons pour l’environnement. C’est un passage obligé, sans quoi nous resterons tous bien assis dans nos fauteuils «pour éviter la panique» alors que le cinéma est en feu.

Empêcher les améliorations graduelles sous prétexte qu’elles polluent elles aussi et ne sont pas parfaites, c’est condamner l’humanité à faire du surplace et à s’emprisonner dans le statu quo.

André Verville
Lévis