Décès de la mère de Gilles Duceppe: qu'est-ce que ça prend?

POINT DE VUE / La mère de Gilles Duceppe a été retrouvée morte dehors durant un froid de -25°C. Il y a eu une alarme incendie, elle a suivi la procédure et est sortie à l’extérieur par une sortie équipée d’un système d’alarme et un endroit sous surveillance de caméra.

Le coroner dans son rapport fait la chronologie des événements et conclut à différents manquements de la part du personnel de l’établissement, tandis que le propriétaire des lieux rejette la faute sur le Service des incendies de la Ville.

Qu’est-ce que ça prend?

Les conclusions du coroner sont accablantes, elle y dénonce une série de manquements et de la négligence et fait une série de recommandations sans jamais lier ses commentaires à de la négligence criminelle. Ce n’est pas la première fois que cela se produit, il y a d’autres cas de décès dans des établissements qui n’ont pas fait l’objet d’enquête criminelle.

C’est une tendance depuis quelques années au Québec de déjudiciariser des situations, avec le résultat que ce qui devrait normalement être signalé à la police, dont les résultats de l’enquête analysés par la Direction des poursuites criminelles et pénales, ne l’est pas. On fait des recommandations, on tape sur les doigts des responsables et on dit aux familles de «porter plainte au civil».

Ça prend quoi pour que la police intervienne? Si on lit bien le rapport du coroner, «il y a eu négligence». Est-ce de la négligence criminelle? Pour le savoir, ça prend une enquête. Force est de constater que le coroner n’a pas cru bon dans son rapport d’en faire la recommandation. Pourquoi?

Un chien est laissé dans une voiture, les vitres fermées avec une chaleur extérieure de 20°C, on appelle la police et on condamne le responsable sur la place publique. Une personne laissée à elle-même meurt après plus de douze heures de froid et de souffrance et on ne fait qu’une petite enquête du coroner pour établir les causes et circonstances du décès, sans plus.