Crise sanitaire: l’organisation du travail en renfort

La COVID-19 semble avoir allumé plus de feux que nos gouvernements ne parviennent à en éteindre. Des feux vraisemblablement attisés par une course contre la montre, afin d’éviter le plus possible la perte de vies humaines.

Dans cet angoissant contexte, il devient tentant de «crier au loup», de chercher des coupables pour la difficile gestion de la présente crise.

Pour l’heure toutefois, vivement le «Plan de contingence de soins critiques COVID-19», dont s’est doté le gouvernement du Québec, en vue d’hospitaliser et de traiter les patients atteints, selon la gravité de leur état de santé. Vivement aussi tous les hôpitaux de la province, les hôtels, les cliniques de chirurgie, etc., et les médecins spécialistes, les omnipraticiens, le personnel retraité, etc., mis à contribution pour prêter main-forte au personnel infirmier et aux préposés aux bénéficiaires qui peinent à la tâche, dans les CHSLD et les résidences pour aînés, notamment. À la guerre comme à la guerre!

Cela étant, et dans la perspective où «ça va bien aller», n’y-a-t-il pas lieu de commencer à préparer, voire planifier l’après-COVID-19? Certes. Et ce, par le biais de l’organisation du travail en santé… dont les résultats se feront sentir, tant sur le bien-être du personnel que sur celui de leurs clientèles.

Une nécessaire organisation du travail qui permettra de prévoir et planifier la main-d’œuvre et les compétences dont le système de santé aura besoin à court, moyen et long terme; de coordonner les efforts de l’ensemble des organisations partenaires œuvrant à la santé publique; de réorganiser les soins afin d’utiliser de façon optimale toutes les ressources humaines, matérielles, financières, communicationnelles et technologiques disponibles; d’adapter les structures organisationnelles, les processus de gestion et la répartition des tâches selon les compétences, les besoins et les nouvelles façons de faire; d’améliorer les conditions de travail (ratios résidents/préposés, surcharge de travail, bonification salariale; attraction de personnel, etc.).

Oui, «ça va bien aller»… à l’avenir. Si on s’y prépare, si on planifie, si on s’organise. «La prévention vaut mieux que la guérison», dixit le proverbe.

Nicole Lévesque

Directrice des ressources humaines, retraitée de la fonction publique du Québec et spécialiste en organisation du travail