La Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie figurent actuellement au <em>top</em> des manchettes en raison de leur nombre élevé de victimes infectées par le COVID-19.

COVID-19 monopolise l’actualité au détriment de pays oubliés

POINT DE VUE / La Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie figurent actuellement au top des manchettes en raison de leur nombre élevé de victimes infectées par le COVID-19.

Une récession causée par le coronavirus nous guette à l’horizon, selon les experts. Entre-temps on entend à peine parler de la Syrie, la Somalie, du Yemen, du Soudan du Sud, du Venezuela, d’Haïti. Bien sûr il y a la guerre, la corruption politique, mais aussi la perception de leur inaptitude à contribuer à l’économie mondiale. Et le COVID-19 ne s’y trouve pas encore.

L’isolement préventif peut possiblement stopper la propagation du coronavirus. Toutefois l’isolation économique de tout pays maintient sa population dans un état injuste de captivité.

Depuis 2012, le destin m’a menée plusieurs fois en Haïti, pays doté d’une instabilité socio-politique déclarée chronique. S’en est suivie la publication de 25 reportages pour sensibiliser les lecteurs à l’étonnante richesse du patrimoine haïtien, notamment son fabuleux patrimoine environnemental, garant de son développement socio-économique.

Mon expérience terrain en Haïti (voyages de presse entre 2015-2018) m’a convaincue que l’isolement d’un pays est l’un des pires fléaux qu’on puisse lui infliger. Bien pire que la quarantaine imposée par le coronavirus…

Malgré son immense potentiel, ses talents et ses acquis, Haïti reste inapte à échanger avec le reste du monde parce qu’on a choisi de l’ignorer. Pourtant, Haïti fait partie de notre continent et de notre francophonie.

Vous allez me dire qu’on n’y peut rien, qu’Haïti doit régler ses problèmes par elle-même… C’est faux!

Bien sûr, on comprend la réticence des investisseurs et touristes à l’égard des pays classés parmi les plus dangereux, sans compter le spectre d’une pandémie et ses effets économiques dévastateurs. Toutefois, cela ne justifie pas pour autant de s’enterrer la tête dans le sable comme une autruche.

L’avant-gardisme économique ne doit-il pas inclure une certaine forme d’activisme, d’ouverture d’esprit à l’égard du potentiel d’autrui, la reconnaissance des richesses environnementales de nos voisins, la mise en œuvre de projets économiques axés sur le bien-être commun, une couverture médiatique critique…

Ces pays considérés comme inaptes et qu’on isole intentionnellement, dont on n’entend jamais parler sauf en temps de crise extrême, ne font que continuer de régresser économiquement. Nous contribuons sans remords à leur régression en tant que témoins passifs, individualistes. En attendant la pandémie.