La côte de Sillery

Côte de Sillery: le belvédère doit mieux s’intégrer

Lettre à Marie-Claire Ouellet, pdg de la CCNQ

En descendant à pied la côte de Sillery ce matin, j’ai pris connaissance de votre projet de belvédère. Quelle bonne idée que cet aménagement qui permettra aux marcheurs de s’arrêter pour contempler le fleuve Saint-Laurent et le paysage qu’il sillonne tout du long. La Commission de la Capitale nationale nous a donné au fil des ans de belles réalisations dont la promenade Champlain qui signe maintenant l’entrée à Québec par le boulevard du même nom.

Malheureusement, pour ce projet de belvédère, vous avez retenu, selon moi, une proposition dont l’architecture est inutile pour donner accès à un magnifique point de vue. La structure blanche surmontant l’assise du belvédère proprement dit n’apporte rien à l’accessibilité; elle est même une obstruction pour l’œil qui regarde, et de loin, elle sera une construction qui dépareillera la côte et son promontoire. Déjà que les travaux d’amélioration apportés à la structure de la côte incluent maintenant un éclairage de nuit inutile tant sur le plan de l’accessibilité que de la sécurité, il ne faut pas en ajouter davantage.

Rappelons-nous les aménagements faits sur les quais du Vieux-Port en 1984 : des structures de métal peintes en rouge qui ne s’intégraient nullement à leur environnement, dont on se demandait à quoi elles servaient, ce qu’elles faisaient là; d’ailleurs elles ont fini par être démolies. Ne répétons pas une erreur semblable.

L’aménagement doit être au service du territoire et des citoyens, s’intégrer harmonieusement à l’environnement naturel et déjà bâti, le mettre en valeur. Si une œuvre d’art a le projet d’être visible et porteuse d’un discours, les plus grandes réussites d’aménagement du territoire font preuve de discrétion pour valoriser l’objet de leur action.

Pendant qu’il en est encore temps, merci de revoir votre décision et de proposer aux citoyens un projet de belvédère simple, intemporel, utilisant des matériaux de qualité qui passeront à travers le temps; l’ajout de quelques bancs pour les marcheurs serait apprécié.

Un belvédère est fait pour voir et non pour être vu.

Paule Bussières, Québec