Pierre-Karl Péladeau durant son témoignage à la Commission parlementaire sur l'avenir des médias.

Convergence ou subvention?

POINT DE VUE / Pierre Karl Péladeau n’y est pas allé avec le dos de la cuillère à la Commission parlementaire sur l’avenir des médias. C’est sans surprise qu’on l’a vu faire la leçon sur comment on doit faire des affaires... et comment leur incurie a mené ces «quêteux» que sont ses compétiteurs à leur perte. Et il aura parfaitement raison en réclamant sa part par souci de justice si on a la mauvaise idée de les subventionner pour les empêcher de couler.

La solution de Québecor à la transformation des médias passe par son concept de convergence. On peut appeler ça de la synergie si on veut, mais l’idée est simple et facile à comprendre : devenir soi-même celui qui tire avantage de la faiblesse de l’autre et lui retourner l’ascenseur. On perd des plumes dans un média écrit au profit d’un média électronique? On est celui-ci : TVA, qui va devenir en retour un client publicitaire et un fournisseur de contenu. Ce dernier se fait à son tour damer le pion par un média numérique? Qu’à cela ne tienne, on est celui-ci : Vidéotron, qui va nous payer à son tour pour diffuser notre matériel. Oups, on est victime du streaming de contenu vidéo d’un compétiteur? Illico! En affaires, tout problème a sa solution : un trou, une cheville.

Les journalistes sont tout sauf des gens d’affaires. Ils se font manger tout rond quand il s’agit de financer leurs activités, trop occupés qu’ils sont à «servir» leur communauté. C’est pour ça qu’on doit les encadrer financièrement. PKP a son propre système, qui n’est pas parfait, mais qui fonctionne ma foi assez bien. Il faut juste trouver des approches différentes pour les autres parce que de la convergence à l’extrême, on appelle ça un monopole. Et un monopole, ça fonctionne très bien financièrement. Google, Facebook et Netflix en ont fait une éloquente démonstration, mais ce n’est pas ce que la société québécoise recherche actuellement. N’en déplaise à M. Péladeau, le Québec Inc. peut s’inspirer de nos voisins du sud, mais ne doit pas se transformer en Far West pour autant.