Depuis de nombreuses années, l’Alliance des patients pour la santé, tout comme d’autres organismes, déplore l’absence à peu près totale de moyens au sein du Ministère pour évaluer la justesse et l’efficacité des services de santé et des services sociaux.

Constat d’échec dans les services chirurgicaux

Le constat de la Vérificatrice générale du Québec est brutal : depuis l’arrivée du Dr Gaétan Barrette au ministère de la Santé et des Services sociaux, en 2013, l’accessibilité aux services chirurgicaux ne s’est quasiment pas améliorée. Les patients attendent encore trop longtemps.

Mais il y a pire, note la Vérificatrice dans son rapport. Nous n’avons pas les bons outils pour évaluer l’efficacité des mesures prises pour améliorer les services. Nos données ne sont pas fiables, dit-elle. Par surcroît, la référence utilisée par le Ministère pour calculer les délais d’attente en chirurgie ne tient pas compte de la réalité puisque le compteur ne tourne qu’à partir de la signature de la requête opératoire par le chirurgien et omet tout ce que le patient a traversé auparavant : les consultations médicales, les tests diagnostiques, etc.

Les conséquences pour un patient d’une attente démesurée peuvent être multiples : détérioration de sa santé, angoisse et stress, perte financière et plus.

Tout en soulignant que le Ministère n’a pas de vision globale de la répartition «optimale» des services chirurgicaux au Québec, la Vérificatrice ajoute que le financement de ces services ne s’appuie pas sur les besoins réels des patients, mais plutôt sur des bases historiques.

Dire que cette situation étonne serait faux. Depuis de nombreuses années, l’Alliance des patients pour la santé, tout comme d’autres organismes, déplore l’absence à peu près totale de moyens au sein du Ministère pour évaluer la justesse et l’efficacité des services de santé et des services sociaux. Jusqu’à l’énorme réforme des structures du réseau qui a été lancée sans objectifs précis d’amélioration de l’accès pour les patients.

Les patients n’en peuvent plus d’attendre. Après tous les bouleversements vécus ces dernières années dans notre système de santé, au nom des patients, rappelons-le, n’est-il pas raisonnable de s’attendre à des résultats plus intéressants que ceux-là?

Depuis le 30 septembre 2014, l’Alliance des patients pour la santé offre sa collaboration au ministre. La réponse n’est jamais venue!

Jérôme Di Giovanni, Président de l’Alliance des patients pour la santé, Directeur général de l’Alliance des communautés culturelles pour l’égalité dans la santé et les services sociaux