«L’effort financier demandé aux citoyens de Saint-Augustin-de-Desmaures au cours des dernières années aura été important, mais nécessaire et surtout, temporaire», mentionne le maire Sylvain Juneau. 
«L’effort financier demandé aux citoyens de Saint-Augustin-de-Desmaures au cours des dernières années aura été important, mais nécessaire et surtout, temporaire», mentionne le maire Sylvain Juneau. 

Considérer le gel de taxes tout en gardant le cap

Sylvain Juneau
Sylvain Juneau
Maire de Saint-Augustin-de-Desmaures
POINT DE VUE / En réponse à la lettre «Pourquoi pas un gel de taxes à Saint-Augustin?» de Denis Brulotte parue le 30 mai 

Monsieur,

Dans votre lettre d’opinion parue le 30 mai dernier, vous vous demandiez ce que la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures attendait pour annoncer un gel de taxes pour l’année 2021, à l’instar de la Ville de Québec qui a indiqué ne pas vouloir refiler les impacts financiers de la pandémie à ses citoyens. 

Réponse en deux temps.

D’abord, contrairement à la situation qui prévaut à la Ville de Québec où un parti politique est aux commandes, à Saint-Augustin-de-Desmaures, la Ville est gouvernée par sept élus indépendants. Les décisions se prennent à la majorité par voie de résolution et le budget 2021 sera donc adopté de cette façon en décembre prochain. C’est au conseil seul que reviendra la décision finale et aucune annonce formelle ne peut être faite d’ici là au nom de la Ville.

Par ailleurs, j’ai indiqué publiquement il y a près de dix jours, donc avant la publication de votre lettre, mon intention de ne pas faire supporter directement les impacts négatifs de la crise aux Augustinois en 2021 et donc de prôner un gel de taxes chez nous aussi. Je présume que vous l’ignoriez avant d’écrire votre lettre. Notez qu’il s’agit de mon intention personnelle et que je ne parle qu’en mon nom et non en celui des autres membres du conseil municipal. Je peux toutefois d’ores et déjà vous indiquer avoir informé les membres du conseil de mon approche avant de l’annoncer publiquement et avoir reçu un accueil favorable de plusieurs.

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Les surplus accumulés au cours des dernières années, incluant celui de 2019 qui vient d’être annoncé, la subvention obtenue pour le Centre communautaire multifonctionnel du secteur est de la ville et d’autres aides gouvernementales, dont les annonces sont à venir, permettent d’envisager l’avenir avec optimisme d’un point de vue financier à Saint-Augustin-de-Desmaures, et ce, malgré la vague d’inquiétude que crée la pandémie qui frappe actuellement la planète. 

La dette astronomique de la Ville a été rabattue de plusieurs dizaines de millions de dollars au cours des trois dernières années, tout en maintenant des investissements importants dans nos infrastructures (routes, bâtiments et autres) en les payant comptant. Au 31 décembre 2019, la dette de la Ville était de 77 M$. C’est dire que la moitié du chemin a été parcourue pour atteindre un niveau raisonnable d’endettement pour une ville de la taille de la nôtre, qui devrait se situer autour de 40 M$. Ainsi, même si les choses s’améliorent grandement et que les résultats sont là pour le démontrer, il importe de ne rien relâcher. L’objectif n’est pas encore atteint. Il faudra résister à la tentation de dépenser à tout vent dans de grandioses projets inutiles ou de faire miroiter d’illusoires baisses de taxes qui sont nécessairement toujours suivies de hausses. Saint-Augustin-de-Desmaures a déjà joué dans ce mauvais film; comptez sur moi pour que nous ne retombions pas dans les ornières du passé. 

Cela dit, le contexte financier actuel, dû notamment aux surplus dégagés au cours des dernières années, permet de considérer le gel du compte de taxes tout en gardant le cap. Très certainement pour 2021, fort probablement pour les années suivantes aussi. Ce faisant, le niveau de taxation des Augustinois sera graduellement ramené à un niveau moyen par rapport à ceux de la région. 

L’effort financier demandé aux citoyens de Saint-Augustin-de-Desmaures au cours des dernières années aura été important, mais nécessaire et surtout, temporaire. Dans un horizon de trois ans, la dette aura été rabattue à un niveau acceptable et les finances redressées. Nous pourrons alors nous dire «Mission accomplie». Pas avant.