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Code bleu: il y a place à l'amélioration

POINT DE VUE / En réaction au point de vue «Des patients de second ordre» paru le jeudi 9 janvier

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J’ai lu avec attention et intérêt le point de vue paru le 9 janvier dernier sous le titre «Des patients de second ordre» en référence à l’utilisation du code bleu de niveau intermédiaire, et non optimal, réservé aux patients hospitalisés à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec lors d’un arrêt cardio-respiratoire.

Essentiellement, cet article, sous la signature de 41 psychiatres, s’indignait que les patients ne bénéficient pas du code bleu à son niveau optimal, mais limité au niveau intermédiaire, comme il en est présentement, avec les risques divers que ce niveau intermédiaire implique dans le traitement d’un arrêt cardio-respiratoire. Comme il a été mentionné, dans un autre article du même jour sous la signature de votre journaliste Élisabeth Fleury, le code bleu optimal nécessite l’utilisation d’un moniteur et défibrillateur cardiaque avec présence 24 heures sur 24 d’un médecin sur place. Cette façon de procéder est la norme reconnue dans tout hôpital digne de ce nom. Elle fait partie de ce qu’il convient d’appeler les bonnes pratiques.

Ayant été président du Comité exécutif du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CECMDP) à l’Institut, sur une période de neuf ans, jusqu’à la création du CIUSSS-CN il y a cinq ans, j’ai été à même de connaître les raisons ayant amené progressivement à cette situation. Il s’avérait évident que les départs prévisibles, voire annoncés, des médecins ont constitué le point majeur de la disparition du code bleu de niveau optimal. Alors, qu’il y a un peu plus de deux ans, il ne restait que deux médecins pour assurer la tâche, ceci malgré toutes les démarches faites pour remplacer les départs à travers de multiples embûches et d’incompréhension de tout niveau.

Il aura fallu ce point critique, de mise en danger clinique, pour que lentement un seuil minimal et partiel de présence médicale permette un fonctionnement maintenu à l’arraché, mais rien n’est gagné. Il faudra reconstruire tout ce qui a été perdu dans la débâcle. La tâche sera immense, mais possible avec la volonté manifestée.

De plus, il faut composer avec les départs non nommément remplacés de deux piliers responsables du maintien et de l’amélioration de la qualité de la pratique médicale; l’un par démission du poste de président du CECMDP médecin, l’autre par départ à la retraite.

Les bonnes pratiques médicales dans un hôpital sont sous la responsabilité du CECMDP qui par ses études, évaluations et consultations en arrive à les définir et les soumettre au conseil d’administration de l’établissement qui en dispose. Dans la situation actuelle, il semble à l’évidence que ce fut le cas, mais, comme me le signifiait un membre du comité d’inspection du collège des médecins, lors d’une visite en mars 2013, la qualité de la pratique passe par son amélioration. Ici, il y a place à l’amélioration.

Comment reconnaître un tel fait de code bleu de niveau intermédiaire, alors que les deux autres Instituts en santé mentale de la province, l’Institut Louis-H Lafontaine et l’Institut Douglas, ont en leur milieu respectif le code bleu optimal et que l’Institut de Québec ne l’ait pas?

Ce qui permet de suggérer aux deux groupes de médecins en présence, psychiatres-généralistes de l’Institut de Québec, de se regrouper en comité restreint pour en faire l’évaluation avec recommandation au comité exécutif ou attendre l’Inspection du grand maître de l’évaluation de la qualité des soins, le Collège des médecins qui sous peu doit faire une visite de suivi. Je vous remercie de l’attention.