Selon Charles Bombardier, fondateur d’Imaginactive, le Québec devrait se doter d’une application informatique non partisane sur laquelle on retrouverait des faits vérifiés et des informations pertinentes sur les dossiers politiques actuels.

Changer la politique à l’aide du numérique

Les élections provinciales sont à nos portes et chaque candidat devra passer, cet été, plusieurs heures pour assister à des évènements et consacrer des heures au bavardage avec une infime partie des électeurs de leurs circonscriptions. Évidemment, la plupart d’entre nous n’auront pas (ou peu) de temps à consacrer à ces aspirants députés, mais cela ne signifie pas pour autant que nous n’avons pas d’opinion sur les dossiers politiques de l’heure.

L’objectif premier du porte-à-porte dans nos quartiers est de vendre des cartes de membre et espérer remporter la course à l’investiture d’un parti. Les candidats doivent également bien paraître et établir un lien de confiance afin d’obtenir notre vote le 1er octobre prochain.

Par contre, selon moi, ce qu’ils devraient réellement faire, c’est de recueillir et mesurer nos opinions et nos commentaires afin de mieux nous représenter durant leur mandat.

Évidemment, cela est pratiquement impossible, car, tout d’abord, il y a un biais de désirabilité sociale qui entre automatiquement en action dès que le candidat sonne à notre porte. En effet, on tend à ne pas vouloir l’offenser ou créer un malaise en lui disant ce que l’on pense vraiment.

Par ailleurs, on change souvent d’idée, car au fur et à mesure qu’on apprend des choses sur un dossier, notre opinion se raffine et par conséquent elle évolue. Finalement, comment un candidat ou une candidate pourrait retenir et trier des dizaines de milliers d’opinions tout en tentant d’organiser sa campagne et concilier le tout avec sa famille?

Selon moi, le Québec devrait se doter d’une application informatique non partisane sur laquelle on retrouverait des faits vérifiés et des informations pertinentes sur les dossiers politiques actuels avec un système qui permettrait de voter en temps réel. Cette application pourrait faire le lien entre les électeurs vérifiés et les politiciens. Un peu comme la boussole électorale, mais de façon plus étoffée, car elle inclurait des données démographiques et d’autres critères pertinents.

Éventuellement on ne votera plus pour un candidat, un chef ou un parti, on votera en fonction de nos opinions.

Notre système actuel incite surtout les candidats politiques à séduire les électeurs. Il devrait plutôt encourager ceux qui s’engagent à servir leurs circonscriptions et leur province. Imaginez si nous avions à notre disposition un tableau de bord pour suivre le progrès de nos députés au fil des mois, un outil qui permettrait de communiquer et de comparer notre vision des choses avec celle de nos députés.

Si chaque candidat n’a plus besoin de passer ses journées de campagne en mode séduction, il aura ainsi beaucoup plus de temps pour comprendre et maîtriser les dossiers politiques, les enjeux et se préparer à la tâche d’élu. À l’heure actuelle, j’ignore si les électeurs ou les partis politiques sont intéressés à utiliser ce genre de technologie, mais notre démocratie doit continuer à évoluer et à s’adapter au progrès des technologies de l’information.

La transparence d’un tel système sera primordiale, car elle permettra aux électeurs de mieux comprendre les choix de leurs députés et même de leurs compatriotes. Un tel outil nous aidera également à faire progresser la société québécoise démocratiquement.

Charles Bombardier, fondateur d’Imaginactive
Montréal