Les populations de six régions du Québec, de Gatineau à Saguenay, risquent de perdre le journal quotidien qui est au cœur de leur vie sociale, politique, économique, culturelle et sportive.

Ces journaux ne doivent pas disparaître!

POINT DE VUE / Nous ne voulons pas qu’il nous arrive, pour l’information, cette constatation que rappelait ainsi l’auteur Jacques Prévert à propos du bonheur : «J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant».

Les populations de six régions du Québec, de Gatineau à Saguenay, risquent de perdre le journal quotidien qui est au cœur de leur vie sociale, politique, économique, culturelle et sportive. Les employés des six quotidiens régionaux de Groupe Capitales Médias (GCM) cherchent désespérément ces jours-ci à boucler le financement d’une structure coopérative qui permettrait de leur assurer un avenir viable.

Les lecteurs de ces régions commencent à réaliser jusqu’à quel point ces journaux sont essentiels à leur vie communautaire et à mesurer ce que leur disparition signifierait. À preuve, les manifestations et les fructueuses campagnes de souscription pour aider LEUR journal. Il est vrai que les quotidiens régionaux ont toujours été au cœur de l’information de qualité dans leurs régions respectives. La fermeture d’un quotidien déclenche automatiquement un appauvrissement significatif de l’information radiophonique, télévisuelle et Web. Mettre le cadenas sur la porte d’un quotidien régional et ses journalistes équivaut à faire taire la voix d’une région dans tout le Québec. C’est aussi priver une région d’un formidable moyen d’information, de compréhension du monde et d’éducation populaire.

Tout en étant un défi de gouvernance, le modèle coopératif que privilégie le gouvernement est prometteur à bien des égards. Il suppose un engagement des employés qui devront se comporter également comme propriétaires; il favorise l’indépendance éditoriale et le sentiment d’appartenance des lecteurs.

Le modèle coopératif empêcherait aussi que ne survienne la répétition d’une vente à un acheteur inapproprié et des retraités laissés pour compte.

À l’heure actuelle, les instigateurs de ce projet coopératif éprouvent des difficultés à réunir tous les capitaux nécessaires au projet d’acquisition des journaux de GCM. Nous invitons les institutions financières qui en ont les moyens de soutenir ce projet où elles auront le défi, mais aussi l’opportunité de démontrer la capacité et l’habileté du modèle coopératif à relever des défis dans un secteur où un autre modèle a échoué. Enfin, s’il le faut pour éviter la fermeture des journaux de GCM et nous plonger dans un marché quasi monopolistique de l’information, nous invitons le gouvernement du Québec à prendre tous les moyens nécessaires (entre autres taxer le GAFAM) dans cette nouvelle entreprise coopérative d’information de qualité si importante pour notre vie démocratique et la vitalité de nos régions.